Diabète de type 2 de l’adulte : conduite à tenir

Diagnostic, objectifs, traitement et suivi · Endocrinologie, Cardiologie, Néphrologie · Sources : HAS 2024 et 2025

L’essentiel

Urgences

Diagnostic du diabète de type 2

SituationCritère (glycémie veineuse)
Patient symptomatique (polyurie, polydipsie, amaigrissement)≥ 2 g/L (11,1 mmol/L) à n’importe quel moment
Autres cas≥ 1,26 g/L (7 mmol/L) à jeun, confirmée par un 2e dosage dans le mois
Hyperglycémie provoquée (75 g de glucose)≥ 2 g/L à 2 heures
Prédiabète (hyperglycémie modérée à jeun)1,10 à 1,25 g/L à jeun
Présentation inhabituelle : avis spécialisé
  • Âge < 40 ans, absence de surpoids (sauf après 80 ans), altération de l’état général, amaigrissement, forte hyperglycémie inaugurale avec symptômes : penser à un diabète de type 1 d’évolution lente, secondaire ou MODY.
  • HbA1c > 9 % d’emblée ou complication découverte au diagnostic : avis ponctuel d’un médecin spécialisé en diabétologie.

Bilan initial

Calculateur du score FINDRISC

Adulte sans diabète connu : risque de développer un diabète de type 2 dans les 10 ans

Objectifs d’HbA1c selon le profil

Profil du patientHbA1c cible
La plupart des patients≤ 7 %
Diabète récent, espérance de vie > 15 ans, sans antécédent cardiovasculaire≤ 6,5 %
Comorbidité grave, espérance de vie < 5 ans, complications macrovasculaires évoluées, ou hypoglycémies sévères en intensifiant après > 10 ans de diabète≤ 8 %
Plus de 75 ans « vigoureux »≤ 7 %
Plus de 75 ans « fragile »≤ 8 %
Plus de 75 ans « malade », dépendant≤ 9 % (glycémies avant les repas entre 1 et 2 g/L)
Maladie rénale chronique stade 3≤ 7 %
Maladie rénale chronique stade 4 ou 5≤ 8 %
Projet de grossesse, grossesse≤ 6,5 %

L’objectif est fixé avec le patient et peut évoluer avec le temps. Éviter le surtraitement, surtout chez le sujet âgé.

Traitement du diabète de type 2

Mode de vie

Étapes

ÉtapeChoix recommandé
MonothérapieMetformine (dose progressive, adaptée au DFG)
Intolérance à la metformineiSGLT2 ou aGLP1 (non remboursés seuls), sinon iDPP4
Bithérapie, haut risque cardiovasculaireMetformine + iSGLT2 ou aGLP1
Bithérapie, risque modéréMetformine + iSGLT2 ou aGLP1, puis iDPP4, voire sulfamide, répaglinide, acarbose
TrithérapieAjouter iSGLT2 ou aGLP1, ou iDPP4 (pas avec un aGLP1), sulfamide, répaglinide
InsulineBasale : 0,1 U/kg/24 h, + 1 à 2 U tous les 3 jours selon la glycémie au réveil ; puis basal-bolus si besoin
Très déséquilibré (> 10 %, > 3 g/L, symptômes)Bithérapie voire insuline d’emblée

Selon le profil

SituationTraitement à privilégier (indépendamment de l’HbA1c)
Insuffisance cardiaqueiSGLT2 pour tous (dapagliflozine, empagliflozine) ; aGLP1 si intolérance, sauf insuffisance cardiaque instable
Maladie cardiovasculaire avéréeiSGLT2 ou aGLP1 ; association des deux si l’objectif n’est pas atteint
Maladie rénale chronique (sous IEC ou ARA2)iSGLT2 si le DFG le permet ; sinon aGLP1
Obésité (IMC ≥ 30), stéatose hépatiqueaGLP1 en plus de la metformine
Plus de 75 ansMetformine si possible, sinon iDPP4 ; éviter les sulfamides à longue durée d’action

Classes

ClasseBaisse d’HbA1cProtection cardiovasculaireHypoglycémiesPoidsPoints de vigilance
Metformine++NeutreNonNeutreTroubles digestifs, acidose lactique (insuffisance rénale aiguë), carence en B12
iSGLT2+++ (insuffisance cardiaque, rein)Non↓Infections génitales, acidocétose, déshydratation, gangrène de Fournier
aGLP1 (injectable)+++++ (selon molécule)Non↓↓Troubles digestifs, pancréatite, aggravation d’une rétinopathie sévère
iDPP4+NeutreNonNeutrePancréatite, angio-œdème
Sulfamides, répaglinide+++Neutre+++↑Hypoglycémies sévères, interactions
Insuline++++Neutre++↑↑Hypoglycémies sévères, réaction au point d’injection

Metformine et fonction rénale

DFG (mL/min)Dose maximale de metformine
≥ 603 g/j
45 à 592 g/j
30 à 441 g/j
< 30Contre-indiquée

Suivi du diabète de type 2

ExamenFréquence
Consultation : poids, PA, pieds et chaussage, tolérance, observanceTous les 3 mois
HbA1cTous les 3 mois ; tous les 6 mois si objectif atteint et traitement inchangé
Bilan lipidique ; créatinine avec DFG et rapport albuminurie/créatininurie ; bilan hépatique avec FIB-4Chaque année
Monofilament, réflexes achilléens, gradation du risque podologiqueChaque année (pieds examinés à chaque consultation)
Rétinographie ou ophtalmologisteChaque année ; tous les 2 ans si pas d’insuline et objectifs glycémique et tensionnel atteints
Chirurgien-dentisteChaque année
ECG, avis cardiologiqueSelon le risque cardiovasculaire et la clinique

Ordonnances types pour le diabète de type 2

Glycémie veineuse à jeun

Bilan initial du diabète

Surveillance de l’HbA1c

Bilan annuel

Metformine : instauration progressive

iSGLT2 : dapagliflozine

aGLP1 : sémaglutide (1 injection par semaine)

aGLP1 : dulaglutide (1 injection par semaine)

iDPP4 : sitagliptine

Sulfamide : gliclazide (hypoglycémies possibles)

Insuline basale : glargine

Conseils au patient

Questions fréquentes sur le diabète de type 2

Comment confirmer un diabète de type 2 ?

Par une glycémie veineuse à jeun ≥ 1,26 g/L confirmée par un 2e dosage dans le mois, ou par une seule glycémie ≥ 2 g/L chez un patient qui a des symptômes (soif, urines abondantes, amaigrissement). L’HbA1c n’est pas recommandée pour le dépistage.

Quel est l’objectif d’HbA1c ?

≤ 7 % pour la plupart des patients. Il peut être de ≤ 6,5 % pour un diabète récent chez un patient jeune sans antécédent cardiovasculaire, de ≤ 8 % en cas de comorbidité grave ou de complications évoluées, et jusqu’à ≤ 9 % chez la personne âgée dépendante.

Faut-il un médicament dès le diagnostic ?

Pas toujours. La HAS place en 1re intention la modification du mode de vie (activité physique, alimentation, éducation thérapeutique). Un médicament est proposé si l’objectif n’est pas atteint, ou d’emblée en cas d’hyperglycémie majeure ou de haut risque cardiovasculaire.

Quel est le premier médicament du diabète de type 2 ?

La metformine, débutée à faible dose et augmentée progressivement, adaptée à la fonction rénale. En cas d’insuffisance cardiaque, de maladie cardiovasculaire, de maladie rénale ou d’obésité, un iSGLT2 ou un aGLP1 est ajouté indépendamment de l’HbA1c.

Quand prescrire un iSGLT2 (gliflozine) ?

Chez tout patient avec insuffisance cardiaque, en cas de maladie rénale chronique sous IEC ou ARA2, en cas de maladie cardiovasculaire avérée (ou un aGLP1), et en bithérapie avec la metformine, en particulier chez le patient à haut risque cardiovasculaire.

Quand prescrire un aGLP1 comme le sémaglutide ?

En cas de maladie cardiovasculaire avérée (ou un iSGLT2), d’obésité avec un IMC ≥ 30 ou de stéatose hépatique, en association avec la metformine, et en bi- ou trithérapie. Il ne s’associe pas à un iDPP4, et un suivi rétinien est nécessaire en cas de rétinopathie.

Les sulfamides sont-ils encore recommandés ?

Ils ne sont plus la stratégie préférentielle en raison du risque d’hypoglycémies sévères et de l’existence de molécules protectrices pour le cœur et les reins. Ils restent une option, avec prudence, surtout chez le sujet âgé.

Comment débuter une insuline basale ?

En général 0,1 unité/kg par 24 heures d’insuline lente ou intermédiaire, en une injection à heure fixe, puis adaptation tous les 3 jours de 1 à 2 unités selon la glycémie au réveil et l’objectif fixé, avec autosurveillance et éducation thérapeutique.

Quels examens faire chaque année ?

HbA1c (tous les 3 à 6 mois), bilan lipidique, créatinine avec DFG et rapport albuminurie/créatininurie, bilan hépatique avec FIB-4, test au monofilament et examen des pieds, rétinographie (tous les 1 à 2 ans) et consultation dentaire.

Voir aussi sur ordonnance.net

Sources et recommandations

  1. HAS — Stratégie thérapeutique du patient vivant avec un diabète de type 2 (recommandations et synthèse) (Mai 2024)
  2. HAS — Parcours de soins du patient adulte vivant avec un diabète de type 2 (guide, 14 messages clés, plan chronologique) (Juin 2025)
  3. Lindström J., Tuomilehto J. — The Diabetes Risk Score: a practical tool to predict type 2 diabetes risk (score FINDRISC), Diabetes Care 2003;26:725-31 (2003)