Infection urinaire de l’homme : conduite à tenir

Cystite, prostatite, pyélonéphrite, orchi-épididymite · Urologie, Infectiologie · Sources : SPILF, recommandations juin 2026

L’essentiel

Sepsis ou choc septique : hospitalisation

Diagnostic de l’infection urinaire de l’homme

FormeSignesExamens
CystiteBrûlures urétrales, pollakiurie, urgenturie, dysurie, nycturie, douleur hypogastrique, hématurie possible, sans fièvreECBU seul
Prostatite aiguëSignes de cystite + fièvre ou signes systémiquesECBU ; toucher rectal seulement si doute avec une cystite
Pyélonéphrite aiguëDouleur lombaire spontanée ou à l’ébranlement + fièvre, ± cystiteECBU ; scanner injecté dans les 48–72 h
Orchi-épididymiteTuméfaction douloureuse de l’épididyme ou du testicule ; fièvre, signes de cystite ou écoulement possiblesECBU, PCR IST ; éliminer une torsion

Bandelette et ECBU

Colonisation et bactériurie

Biologie et imagerie

Bilan urologique dès le 1er épisode

Traitement de l’infection urinaire de l’homme

Cystite

Bonne tolérance ou diagnostic douteux : attendre l’ECBU. Sinon, traitement oral probabiliste :

Antibiotique (ordre alphabétique)Posologie
Fosfomycine-trométamol3 g à J1, J3 et J5
Nitrofurantoïne100 mg 3 fois par jour
Pivmécillinam400 mg 2 fois par jour

Après l’antibiogramme : poursuite si sensible, sinon amoxicilline 1 g × 3/j, fosfomycine-trométamol, nitrofurantoïne, pivmécillinam ou triméthoprime 300 mg/j. Durée : 7 jours (fosfomycine : 3 doses).

Prostatite

SituationTraitement initial
Hôpital, sans gravitéCéfotaxime IV 3 g/j ou ceftriaxone IV 1 g/j
AmbulatoireCeftriaxone 1 g/j (IV, IM, SC), ou ciprofloxacine 500 mg × 2/j ou lévofloxacine 500 mg/j
SepsisCéfotaxime IV 6 g/j ou ceftriaxone IV 2 g/j + amikacine 30 mg/kg dose unique
Relais oral (ordre de préférence)Posologie
1. Cotrimoxazole800/160 mg 2 fois par jour
2. Ciprofloxacine, lévofloxacine ou ofloxacine500 mg × 2, 500 mg × 1 ou 200 mg × 2 par jour
Si résistance ou CI (après apyrexie)Fosfomycine-trométamol 3 g/j, amoxicilline 1 g × 3/j, amoxicilline-acide clavulanique 1 g × 3/j

Durée : 14 jours.

Pyélonéphrite

Traitement initial identique à la prostatite.

Relais oral (ordre de préférence)Posologie
1. Amoxicilline1 g 3 fois par jour
2. Cotrimoxazole800/160 mg 2 fois par jour
3. Amoxicilline-acide clavulanique1 g 3 fois par jour
4. Ciprofloxacine, lévofloxacine ou ofloxacine500 mg × 2, 500 mg × 1 ou 200 mg × 2 par jour
5. Céfixime200 mg 2 fois par jour

Durée : 7 jours si bêta-lactamine parentérale, fluoroquinolone ou cotrimoxazole ; 10 jours avec un autre antibiotique.

Orchi-épididymite

Allergie à toutes les bêta-lactamines (prostatite, pyélonéphrite)
  • Sans sepsis, sans fluoroquinolone dans les 6 mois : ciprofloxacine 500 mg × 2/j ou lévofloxacine 500 mg/j.
  • Contre-indication aux fluoroquinolones : amikacine 30 mg/kg dose unique et avis spécialisé.
  • Sepsis ou choc : fluoroquinolone IV + amikacine et avis spécialisé.
  • Relais : cotrimoxazole, fluoroquinolone, fosfomycine-trométamol 3 g/j (prostatite uniquement).
FormeDurée totale
Cystite7 jours (fosfomycine : 3 doses)
Prostatite aiguë14 jours
Pyélonéphrite aiguë7 jours (bêta-lactamine parentérale, fluoroquinolone, cotrimoxazole) ou 10 jours
Orchi-épididymite10 jours

Ordonnances types pour l’infection urinaire de l’homme

ECBU avant traitement

Pyélonéphrite : ECBU et scanner

Orchi-épididymite : ECBU et IST

Bilan urologique (dès le 1er épisode)

Cystite : fosfomycine J1, J3, J5

Cystite : nitrofurantoïne 7 jours

Cystite : pivmécillinam 7 jours

Cystite (selon l’antibiogramme) : amoxicilline 7 jours

Cystite (selon l’antibiogramme) : triméthoprime 7 jours

Ciprofloxacine (pas de fluoroquinolone dans les 6 mois)

Lévofloxacine (pas de fluoroquinolone dans les 6 mois)

Ceftriaxone

Prostatite : relais cotrimoxazole (1er choix), 14 jours au total

Prostatite : relais fosfomycine (si résistance ou CI)

Pyélonéphrite : relais amoxicilline (1er choix), 10 jours au total

Pyélonéphrite : relais cotrimoxazole, 7 jours au total

Calculateur du score de risque de sepsis

Prostatite ou pyélonéphrite de l’homme sans sepsis : 1 point par critère

Conseils au patient

Questions fréquentes sur l’infection urinaire de l’homme

Une infection urinaire chez l’homme est-elle toujours une prostatite ?

Non. Depuis les recommandations SPILF 2026, la cystite de l’homme est reconnue : signes urinaires sans fièvre ni signe systémique. Elle se traite 7 jours. La prostatite associe des signes de cystite et de la fièvre ou des signes systémiques, et se traite 14 jours.

Faut-il faire une bandelette urinaire chez l’homme ?

Non, la bandelette n’est plus recommandée dans la stratégie diagnostique chez l’homme. Un ECBU est recommandé pour toute infection urinaire, avant de débuter l’antibiotique.

Quel antibiotique pour une cystite chez l’homme ?

Si la tolérance est bonne, on attend l’ECBU. Sinon, traitement probabiliste par fosfomycine-trométamol (3 g à J1, J3 et J5), nitrofurantoïne (100 mg 3 fois par jour) ou pivmécillinam (400 mg 2 fois par jour), adapté ensuite à l’antibiogramme. Durée : 7 jours.

Quel antibiotique pour une prostatite aiguë ?

En ambulatoire : ceftriaxone 1 g par jour, ou ciprofloxacine ou lévofloxacine en l’absence de fluoroquinolone dans les 6 mois. Relais selon l’antibiogramme, en 1er choix par cotrimoxazole, puis par fluoroquinolone. Durée totale : 14 jours.

Faut-il doser le PSA en cas d’infection urinaire ?

Non : le PSA n’est recommandé ni pour le diagnostic de prostatite, ni pour décider du traitement, ni pour le suivi. S’il est indiqué pour une autre raison, il se dose au moins 3 mois après l’infection.

Faut-il faire un toucher rectal ?

Pendant l’infection, uniquement en cas de doute entre cystite et prostatite. Un toucher rectal est en revanche recommandé à distance, dans le bilan urologique.

Quand hospitaliser un homme pour une infection urinaire fébrile ?

En cas de sepsis ou de choc, de score de risque de sepsis ≥ 3 (âge > 65 ans, température > 38 °C, PAS ≤ 110 mmHg, FC > 110/min, SpO2 ≤ 95 %, troubles récents des fonctions supérieures), d’obstacle urinaire, de prise orale impossible, de déclin fonctionnel, de décompensation d’une maladie ou de douleur non contrôlée.

Quel bilan après une infection urinaire chez l’homme ?

Dès le 1er épisode : recherche de symptômes urinaires et d’hématurie, score IPSS, toucher rectal à distance et échographie des voies urinaires avec mesure du résidu post-mictionnel. Consultation d’urologie selon les résultats et après toute pyélonéphrite.

Voir aussi sur ordonnance.net

Sources et recommandations

  1. SPILF · AFU · SFGG · SFMU · SFM · SFPT · SNFMI · CNGE — Infections urinaires masculines aiguës communautaires de l’adulte (IUMACA) : mise à jour des recommandations, jeu de diapositives du comité des référentiels (Juin 2026)
  2. SPILF — Info-antibio n°109 : infections urinaires masculines, antibiothérapie (Juin 2026)
  3. SPILF — Recommandations sur les infections urinaires masculines : publication de référence (texte intégral en anglais) (2026)