Pyélonéphrite aiguë de la femme : conduite à tenir

Simple, à risque de complication, grave, grossesse · Infectiologie, Urologie · Sources : HAS, mise à jour mai 2025

L’essentiel

Signes de gravité : hospitalisation en urgence

Diagnostic de la pyélonéphrite aiguë

Fièvre et/ou frissons, douleur de la fosse lombaire ou du flanc (souvent unilatérale), avec ou sans signes de cystite ; parfois vomissements, diarrhée ou douleurs abdominales.

Facteurs de risque de complication
  • Grossesse
  • Anomalie organique ou fonctionnelle de l’arbre urinaire
  • Insuffisance rénale sévère (DFG < 30 mL/min)
  • Immunodépression grave
  • Âge > 75 ans, ou > 65 ans avec au moins 3 critères de Fried
  • Le diabète, de type 1 ou 2, n’est pas un facteur de risque de complication.

Examens

ExamenPNA simplePNA à risque de complication
ECBUSystématique, quel que soit le résultat de la BUSystématique
BiologieAucune (pas d’hémocultures)CRP, créatinine
ImagerieÉchographie dans les 24 h si hyperalgique, ou si évolution défavorable à 72 hUroscanner en urgence, au plus tard dans les 24 h (échographie si contre-indication)

Signes de gravité

SituationCritères
Sepsis graveHypotension (PAS < 90 mmHg ou baisse > 40 mmHg), lactates > 2 mmol/L, dysfonction d’organe : confusion, SpO2 < 90 %, oligurie, créatinine élevée, thrombopénie…
Choc septiqueHypotension persistante (PAS < 90 ou PAM < 65 mmHg) malgré le remplissage
ObstacleIndication de drainage chirurgical ou interventionnel

Traitement de la pyélonéphrite aiguë

Probabiliste

Débuté immédiatement après l’ECBU, en attendant l’antibiogramme. PNA simple : traitement ambulatoire.

SituationAntibiotiquePosologie
1re intention : pas de quinolone dans les 6 moisCiprofloxacine (orale)500 mg 2 fois par jour
ou lévofloxacine (orale)500 mg 1 fois par jour
2e intention : quinolone dans les 6 moisCeftriaxone (IM, IV)1 g par jour (2 g si signes de gravité ou IMC > 30)

Relais oral

Désescalade fortement recommandée vers la molécule active au spectre le plus étroit, par ordre de préférence :

OrdreAntibiotiquePosologieDurée totale
1Amoxicilline1 g 3 fois par jour10 jours
2Cotrimoxazole800 mg/160 mg 2 fois par jour10 jours
3Amoxicilline-acide clavulanique1 g 3 fois par jour10 jours
4Ciprofloxacine, lévofloxacine ou ofloxacine500 mg × 2, 500 mg × 1 ou 200 mg × 2 par jour7 jours
5Céfixime200 mg 2 fois par jour10 jours
6Ceftriaxone1 à 2 g par jour7 jours

Entérobactérie productrice de BLSE : se référer aux recommandations de la SPILF.

À risque de complication

Grossesse, PNA grave

Suivi
  • Réévaluation systématique à 72 heures.
  • Pas d’ECBU de contrôle si l’évolution est favorable.
  • Évolution défavorable à 72 h : ECBU de contrôle et imagerie (échographie si lithiase suspectée, uroscanner si abcès suspecté).
Fluoroquinolones
  • Ne pas les utiliser si une quinolone a été prise dans les 6 derniers mois.
  • Respecter les mises en garde de l’ANSM : tendinopathies, atteinte de l’aorte, effets neuropsychiques ; informer la patiente.

Ordonnances types pour la pyélonéphrite

PNA simple : ECBU

PNA à risque : ECBU, biologie, uroscanner

Ciprofloxacine (pas de quinolone dans les 6 mois)

Lévofloxacine (pas de quinolone dans les 6 mois)

Ceftriaxone (quinolone dans les 6 mois)

Relais : amoxicilline (1er choix)

Relais : cotrimoxazole

Relais : amoxicilline-acide clavulanique

Relais : céfixime

Calculateur des critères de Fried

Femme de plus de 65 ans : ≥ 3 critères = PNA à risque de complication

Conseils à la patiente

Questions fréquentes sur la pyélonéphrite

Quel antibiotique pour une pyélonéphrite aiguë ?

En probabiliste, après l’ECBU : ciprofloxacine 500 mg 2 fois par jour ou lévofloxacine 500 mg par jour si aucune quinolone n’a été prise dans les 6 mois ; sinon ceftriaxone 1 g par jour. Le traitement est ensuite adapté à l’antibiogramme, l’amoxicilline étant le premier choix.

Combien de jours de traitement pour une pyélonéphrite ?

PNA simple : 7 jours si la fluoroquinolone ou la ceftriaxone est poursuivie jusqu’au bout, 10 jours avec un relais par amoxicilline, cotrimoxazole, amoxicilline-acide clavulanique ou céfixime. PNA à risque de complication : 10 jours si l’évolution est rapidement favorable.

Faut-il toujours faire un ECBU ?

Oui, systématiquement et quel que soit le résultat de la bandelette urinaire, avant le début de l’antibiotique. Il permet d’adapter le traitement à l’antibiogramme.

Faut-il faire une échographie ou un scanner ?

PNA simple : pas d’imagerie systématique ; échographie dans les 24 heures si la PNA est hyperalgique, ou en cas d’évolution défavorable à 72 heures. PNA à risque de complication : uroscanner en urgence, au plus tard dans les 24 heures.

Quand hospitaliser une pyélonéphrite ?

Toujours en cas de signe de gravité (sepsis, choc, obstacle à drainer). Aussi en cas de PNA hyperalgique, de doute diagnostique, de vomissements empêchant le traitement oral, de conditions socio-économiques défavorables ou de doute sur l’observance. Pendant la grossesse, l’hospitalisation initiale est le plus souvent recommandée.

Comment traiter une pyélonéphrite pendant la grossesse ?

Le plus souvent à l’hôpital au départ : ECBU en urgence, bilan sanguin, échographie, avis obstétrical systématique, et antibiothérapie probabiliste par céphalosporine de 3e génération injectable.

Quelle différence entre cystite et pyélonéphrite ?

La cystite est une infection de la vessie, sans fièvre ni douleur lombaire. La pyélonéphrite atteint le rein : fièvre, frissons, douleur lombaire ou du flanc. Son traitement est plus long et nécessite toujours un ECBU.

Faut-il un ECBU de contrôle après le traitement ?

Non si l’évolution est favorable. Un ECBU de contrôle n’est indiqué qu’en cas d’évolution défavorable après 72 heures de traitement.

Voir aussi sur ordonnance.net

Sources et recommandations

  1. HAS · SPILF — Choix et durées d’antibiothérapies : pyélonéphrite aiguë de la femme (fiche mémo) (2016 · mises à jour août 2021, 2024, mai 2025)
  2. HAS — Choix et durées d’antibiothérapie préconisées dans les infections bactériennes courantes : synthèse (Actualisation août 2024)
  3. SPILF — Diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes communautaires de l’adulte (gravité, hospitalisation, PNA gravidique) (Actualisation décembre 2015)
  4. ANSM — Fluoroquinolones : dossier thématique et mises en garde (Consulté en octobre 2026)