Ménopause : conduite à tenir
Bouffées de chaleur, traitement hormonal, sécheresse vaginale · Gynécologie · Sources : CNGOF-GEMVi 2021
L’essentiel
- Diagnostic clinique : 12 mois d’aménorrhée après 45 ans ; aucun dosage hormonal ni imagerie n’est utile dans la situation habituelle ; sous contraception hormonale, l’arrêter et observer les règles.
- Le début de la ménopause est le moment d’un bilan de santé : risques osseux, cardiovasculaire et de cancers, mode de vie (alimentation, activité physique, arrêt du tabac).
- Le traitement hormonal (THM) est le plus efficace sur les bouffées de chaleur ; à débuter après confirmation de la ménopause et moins de 10 ans après son début.
- Schéma à privilégier : estradiol par voie cutanée (gel, patch) + progestérone micronisée ou dydrogestérone au moins 12 jours par mois (si utérus) : limite le risque de thrombose et de cancer du sein.
- Contre-indications : cancer du sein ou hormonodépendant, antécédent de thrombose ou thrombophilie (voie orale contre-indiquée), maladie cardiovasculaire, saignement génital inexpliqué, maladie hépatique sévère.
- Pas de durée maximale fixée : réévaluer chaque année le rapport bénéfice/risque, à la dose minimale efficace.
- Alternatives non hormonales efficaces : certains ISRS (paroxétine, citalopram, escitalopram), venlafaxine, gabapentine, prégabaline, clonidine, hypnose, acupuncture ; inefficaces : bêta-alanine, homéopathie, vitamine E, onagre, trèfle rouge.
- Sécheresse vaginale : lubrifiants et hydratants en première intention, puis œstrogènes vaginaux à faible dose ; non hormonal en premier après un cancer du sein.
Situations à explorer
- Saignement génital après la ménopause ou inexpliqué sous THM : échographie pelvienne, avis gynécologique
- Bouffées de chaleur atypiques : apparues longtemps après la ménopause, résistantes au THM bien pris, avec d’autres signes (diarrhée, palpitations, amaigrissement) : hyperthyroïdie, phéochromocytome, carcinoïde, médicaments
- Ménopause avant 40 ans (insuffisance ovarienne prématurée) : avis spécialisé
- Masse mammaire, mastodynie persistante sous THM : examen et imagerie
Traitement hormonal : bénéfices et risques (CNGOF-GEMVi 2021)
| Élément | Données |
|---|---|
| Bouffées de chaleur | Traitement le plus efficace |
| Os | Prévient la perte osseuse ; réduit les fractures de 20 à 40 % ; option de 1re intention pour prévenir l’ostéoporose en début de ménopause (risque faible à modéré) |
| Thrombose veineuse | Estrogène oral : risque × 1,7 ; cutané : pas d’augmentation (avec progestérone ou dydrogestérone) |
| Cardiovasculaire | AVC ischémique augmenté par voie orale ; risque coronarien non augmenté, voire diminué, si début avant 60 ans ou moins de 10 ans après la ménopause |
| Cancer du sein | Risque plus élevé avec estroprogestatifs qu’avec estrogènes seuls ; progestérone ou dydrogestérone limitent le surrisque (au moins < 5-7 ans) |
- Choisir type, dose, voie, durée et moment de début au cas par cas, réévaluer régulièrement.
- Antécédent de thrombose : THM oral contre-indiqué ; estradiol cutané + progestérone discuté après avis d’expert ; risque faible à modéré : voie cutanée possible.
- Pas de durée optimale définie ; à l’arrêt d’un THM donné pour l’os, refaire une densitométrie.
Ordonnances types : ménopause
Traitement hormonal (femme non hystérectomisée)
- Estradiol 0,06 %, gel (Oestrodose) : 2 pressions par jour (1,5 mg d’estradiol) sur la peau des bras, des cuisses ou du ventre, 25 jours par mois ; adapter après 2 à 3 cycles.
- Progestérone micronisée 100 mg, capsule (Utrogestan) : 2 capsules (200 mg) le soir au coucher, du 12e au 25e jour du traitement estrogénique (12 à 14 jours par mois).
Sécheresse vaginale
- Hydratant vaginal sans hormones (gel) : 2 à 3 fois par semaine, en entretien ; lubrifiant au moment des rapports.
- Si insuffisant : estriol 0,5 mg, ovule (Physiogine) : 1 ovule le soir au coucher pendant 2 à 4 semaines au maximum, puis 1 ovule 2 fois par semaine.
Conseils : bien vivre la ménopause
- Une activité physique régulière et une alimentation riche en calcium protègent les os et le cœur.
- Arrêter de fumer est la mesure la plus utile pour la santé à la ménopause.
- Contre les bouffées de chaleur : vêtements en couches, pièce fraîche la nuit, éviter alcool, boissons chaudes et épices si elles les déclenchent.
- Les compléments à base de bêta-alanine, d’onagre ou l’homéopathie n’ont pas montré d’efficacité.
- La sécheresse vaginale se traite : hydratants, lubrifiants, voire œstrogènes locaux ; parlez-en.
- Tout saignement après la ménopause doit être signalé à votre médecin.
Questions fréquentes sur la ménopause
Faut-il une prise de sang pour diagnostiquer la ménopause ?
Non, dans la situation habituelle : le diagnostic est clinique, après 12 mois sans règles après 45 ans. Les dosages hormonaux ne sont pas utiles, même sous contraception.
Le traitement hormonal de la ménopause est-il dangereux ?
Ses risques dépendent du type, de la dose, de la voie, de la durée et de l’âge de début. L’estradiol en gel ou patch associé à la progestérone naturelle limite le risque de thrombose et de cancer du sein. Il est réévalué chaque année.
Combien de temps peut-on prendre un traitement hormonal ?
Il n’y a pas de durée maximale fixée : la poursuite dépend de l’indication et du rapport bénéfice/risque, réévalué régulièrement avec le médecin.
Quelles alternatives aux hormones pour les bouffées de chaleur ?
Certains antidépresseurs à faible dose (paroxétine, citalopram, escitalopram, venlafaxine), la gabapentine, la prégabaline, la clonidine, l’hypnose ou l’acupuncture ont montré une efficacité. Le fézolinétant est une option récente avec surveillance du foie.
L’Abufène (bêta-alanine) est-il efficace ?
Non : la revue des recommandations françaises de 2021 le classe parmi les traitements inefficaces sur les bouffées de chaleur, comme l’homéopathie ou la vitamine E.
Comment traiter la sécheresse vaginale ?
D’abord par des hydratants vaginaux et des lubrifiants, puis si besoin par des œstrogènes vaginaux à faible dose, qui ne nécessitent pas de progestatif. Après un cancer du sein, on privilégie les traitements non hormonaux.
Le traitement hormonal protège-t-il contre l’ostéoporose ?
Oui : il prévient la perte osseuse et réduit le risque de fracture de 20 à 40 %. Il peut être proposé en début de ménopause chez les femmes à risque de fracture faible à modéré.
Peut-on prendre un THM après une phlébite ?
Les estrogènes par voie orale sont contre-indiqués. Un estradiol par voie cutanée associé à la progestérone peut se discuter après avis d’un expert.
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Sources et recommandations
- CNGOF · GEMVi — Management of postmenopausal women : CNGOF and GEMVi clinical practice guidelines (Maturitas 2022;163:62-81) (2021-2022)
- CNGOF · GEMVi — Ménopause et risque thromboembolique (Gynecol Obstet Fertil Senol 2021;49:455-61) (2021)
- CNGOF · GEMVi — Alternatives non hormonales aux bouffées de chaleur (Gynecol Obstet Fertil Senol 2021;49:373-93) (2021)
- CNGOF · GEMVi — Syndrome génito-urinaire de la ménopause (Gynecol Obstet Fertil Senol 2021;49:394-413) (2021)
- ANSM — Veoza (fézolinétant) : risque de lésion hépatique et surveillance de la fonction hépatique (Mai 2025)
- ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP d’Oestrodose, Utrogestan, Physiogine (Consulté en octobre 2026)