BPCO : conduite à tenir

Diagnostic, traitement de fond, exacerbation · Pneumologie · Sources : HAS 2019, GOLD 2025

L’essentiel

Exacerbation : critères d’hospitalisation

Échelle de dyspnée mMRC

Coter la dyspnée habituelle, en dehors d’une exacerbation.

Diagnostic et sévérité de la BPCO

Le diagnostic repose sur un rapport VEMS/CVF < 70 % après bronchodilatateur chez un patient exposé ou symptomatique. La spirométrie peut être réalisée par le médecin généraliste formé ou par un professionnel formé (interprétation médicale).

StadeObstruction (VEMS après bronchodilatateur)
I : légerVEMS ≥ 80 % de la valeur prédite
II : modéré50 % ≤ VEMS < 80 %
III : sévère30 % ≤ VEMS < 50 %
IV : très sévèreVEMS < 30 %, ou < 50 % avec insuffisance respiratoire chronique grave

Traitement de fond de la BPCO

Médicaments

ÉtapeTraitementQuand
1re intentionBronchodilatateur de courte durée d’action à la demandeDyspnée ou limitation à l’effort
1re intention1 bronchodilatateur de longue durée d’action (LAMA à privilégier si exacerbations)Dyspnée quotidienne et/ou exacerbations
2e intentionLAMA + LABADyspnée persistante (mMRC ≥ 2), avec ou sans exacerbations
2e intentionLABA + corticoïde inhaléExacerbations sans dyspnée importante, composante asthmatique
3e intentionLAMA + LABA + corticoïde inhalé (pneumologue)Exacerbations persistantes ; remboursé dans les formes sévères

Non médicamenteux

Exacerbation de BPCO

Aggravation aiguë des symptômes respiratoires (toux, expectoration, dyspnée) au-delà des variations quotidiennes, imposant de modifier le traitement (bronchodilatateurs majorés plus de 24 heures, antibiotique ou corticoïde). Causes : infections virales ou bactériennes, pollution, arrêt du traitement ; un tiers sans cause retrouvée.

TraitementEn ville
Bronchodilatateurs de courte durée d’actionMajorer dose et fréquence jusqu’à amélioration
AntibiotiqueSeulement si purulence de l’expectoration (couleur, volume, épaisseur) ; 5 jours : amoxicilline 3 g/j ; terrain à risque : amoxicilline-acide clavulanique 3 g/j
Corticoïde oralAu cas par cas, si dyspnée invalidante ou absence d’amélioration : prednisone 30 à 40 mg pendant 5 jours
KinésithérapieSi encombrement bronchique
Non recommandésThéophylline, mucomodificateurs

Ordonnances types pour la BPCO

Bronchodilatateur de courte durée d’action

Anticholinergique de longue durée d’action (LAMA)

Bithérapie LAMA + LABA

Majoration des bronchodilatateurs

Antibiotique (expectoration purulente)

Antibiotique sur terrain à risque

Corticoïde oral (au cas par cas)

Bilan diagnostique

Conseils au patient

Questions fréquentes sur la BPCO

Comment diagnostiquer une BPCO ?

Par une spirométrie : un rapport VEMS/CVF inférieur à 70 % après bronchodilatateur confirme le trouble ventilatoire obstructif non réversible chez un patient exposé (tabac, expositions professionnelles) ou symptomatique. La sévérité de l’obstruction est classée en stades I à IV selon le VEMS.

Quel est le traitement de première intention de la BPCO ?

Un bronchodilatateur de courte durée d’action à la demande, puis, en cas de dyspnée quotidienne ou d’exacerbations, un bronchodilatateur de longue durée d’action, de préférence un anticholinergique (comme le tiotropium) en cas d’exacerbations. L’arrêt du tabac, les vaccinations et l’activité physique sont indispensables.

Quand prescrire un corticoïde inhalé dans la BPCO ?

Jamais seul. Associé à un bêta-2 de longue durée d’action en cas d’exacerbations répétées sans dyspnée importante et avec une composante asthmatique, ou en trithérapie en cas d’exacerbations persistantes sous bithérapie. Un taux d’éosinophiles sanguins élevé (≥ 300/mm³) est en faveur. Il est arrêté en cas de pneumonie.

Faut-il un antibiotique pour une exacerbation de BPCO ?

Seulement si l’expectoration devient purulente (couleur, volume ou épaisseur). L’antibiotique est donné 5 jours : amoxicilline 3 g/j, ou amoxicilline-acide clavulanique 3 g/j en cas de facteur de risque (VEMS < 50 %, plus de 2 exacerbations par an, cardiopathie ischémique, oxygène à domicile, corticothérapie orale chronique).

Quelle dose de corticoïde pour une exacerbation de BPCO ?

En ville, au cas par cas, si la dyspnée devient invalidante ou sans amélioration sous bronchodilatateurs : prednisone 30 à 40 mg par jour pendant 5 jours. Les cures répétées exposent à l’ostéoporose, au diabète et à la fonte musculaire.

Quand hospitaliser une exacerbation de BPCO ?

En cas de dyspnée de repos, de respiration paradoxale ou de mise en jeu des muscles accessoires, de troubles de la conscience, de SpO2 inférieure à 90 %, de cyanose ou d’œdèmes, d’âge supérieur à 85 ans, de comorbidités importantes ou d’absence d’autonomie à domicile.

Qu’est-ce que l’échelle mMRC ?

Une échelle de dyspnée en 5 stades : 0 pour un essoufflement seulement lors d’efforts soutenus, 1 en marchant vite ou en montée, 2 à la marche sur terrain plat en suivant quelqu’un de son âge, 3 obligeant à s’arrêter après une centaine de mètres, 4 au moindre effort.

Quels vaccins pour un patient atteint de BPCO ?

La grippe chaque année, le pneumocoque selon le calendrier vaccinal, et le VRS à partir de 65 ans en cas de maladie respiratoire chronique selon la HAS (2024), ainsi que le Covid-19 selon les recommandations en vigueur.

Qu’est-ce que la réadaptation respiratoire ?

Un programme associant réentraînement à l’effort, éducation thérapeutique, kinésithérapie et accompagnement nutritionnel et psychologique. Elle améliore la dyspnée et la qualité de vie et est proposée dès que l’essoufflement limite les activités ou après une exacerbation.

Voir aussi sur ordonnance.net

Sources et recommandations

  1. HAS — Guide du parcours de soins : bronchopneumopathie chronique obstructive (actualisation, intégrant SPLF 2016 et 2017, NICE 2018) (Novembre 2019)
  2. SPLF — Actualisation des propositions thérapeutiques de la BPCO stable (Zysman et al., Rev Mal Respir 2021) (2021)
  3. GOLD — Global Strategy for the Diagnosis, Management and Prevention of COPD (groupes A, B, E) (2025)
  4. HAS — Stratégie vaccinale de prévention des infections par le VRS chez l’adulte âgé de 60 ans et plus (Juin 2024)
  5. ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP du tiotropium ; conditions de remboursement des trithérapies (formes sévères) (Consulté en octobre 2026)