Lombalgie commune de l’adulte : conduite à tenir

Drapeaux rouges, imagerie, traitement, risque de chronicité · Rhumatologie, Médecine physique, Douleur · Sources : HAS 2019, ANSM 2025

L’essentiel

Urgence : syndrome de la queue de cheval

Drapeaux rouges de la lombalgie

Signes d’alerte orientant vers une pathologie sous-jacente. Pris isolément, leur spécificité est limitée : c’est leur association qui doit faire suspecter une cause spécifique.

Drapeaux jaunes : risque de chronicité

Facteurs psychosociaux associés à un risque accru de passage à la chronicité ou d’incapacité prolongée, à rechercher précocement.

Évaluer une lombalgie

La lombalgie est une douleur située entre la charnière thoraco-lombaire et le pli fessier inférieur, avec ou sans radiculalgie (douleur d’un membre inférieur dans un dermatome). Elle est dite commune en l’absence de drapeau rouge, et chronique au-delà de 3 mois.

Imagerie

Travail : drapeaux bleus et noirs

Traitement de la lombalgie commune

Non médicamenteux

IntentionPrise en chargePour qui
1reAutogestion, reprise des activités quotidiennes et précoce du travail ; activité physique adaptéeTous les patients
1reKinésithérapie active avec exercices à domicileLombalgie chronique ou à risque de chronicité
2eÉducation à la neurophysiologie de la douleurChronique ou à risque
2eTechniques manuelles, TCCSeulement associées à des exercices supervisés
3eProgramme de réadaptation pluridisciplinaireDouleur persistante avec facteurs psychosociaux, ou échec

Médicaments

MédicamentPlace
Paracétamol1re intention, à visée symptomatique
AINS1re intention après évaluation du rapport bénéfice/risque ; dose la plus faible, durée la plus courte
Opioïdes faibles (tramadol, codéine)2e intention, en cas d’échec ou de contre-indication des AINS ; faible dose, durée courte ; ordonnance sécurisée
Opioïdes fortsLombalgies réfractaires à une prise en charge bien conduite ; durée la plus courte
Antidépresseurs, gabapentinoïdesPas en poussée aiguë ; à discuter en cas de radiculalgie chronique neuropathique ou de troubles anxio-dépressifs
Myorelaxants (thiocolchicoside…)Balance bénéfice/risque défavorable
Corticoïdes, néfopamIntérêt non établi
Antibiotiques, vitamine D, patch de lidocaïne, anti-TNFPas d’indication

Aucun antalgique n’a montré d’efficacité à moyen terme sur l’évolution d’une poussée aiguë : ils servent à gérer les accès douloureux pour permettre de rester actif.

Radiculalgie

Ordonnances types pour la lombalgie

Paracétamol

AINS : ibuprofène

Opioïde faible (2e intention)

Kinésithérapie active

Imagerie de la lombalgie chronique

Conseils au patient

Questions fréquentes sur la lombalgie

Quels sont les drapeaux rouges d’une lombalgie ?

Douleur non mécanique (aggravation progressive, au repos, la nuit), signes neurologiques étendus (troubles sphinctériens, déficit moteur, syndrome de la queue de cheval), paresthésies du périnée, traumatisme important, perte de poids inexpliquée, antécédent de cancer, drogue intraveineuse ou corticothérapie prolongée, déformation importante, douleur thoracique, début avant 20 ans ou après 55 ans, fièvre, altération de l’état général.

Faut-il faire une radiographie ou une IRM pour un lumbago ?

Non, en l’absence de drapeau rouge, aucune imagerie n’est indiquée lors d’une poussée aiguë, même avec une sciatique. Une IRM est recommandée en cas de lombalgie chronique (plus de 3 mois) ou avant un geste invasif.

Combien de temps dure une lombalgie aiguë ?

Dans 90 % des cas, la lombalgie commune évolue favorablement en moins de 4 à 6 semaines. Le patient est réévalué à 2 à 4 semaines ; au-delà de 3 mois, on parle de lombalgie chronique.

Quel traitement pour une lombalgie aiguë ?

Rester actif est le traitement principal. Les antalgiques soulagent les accès douloureux : paracétamol, AINS à la dose la plus faible et la durée la plus courte, opioïdes faibles en deuxième intention. Ils n’accélèrent pas la guérison.

Les myorelaxants sont-ils recommandés dans le mal de dos ?

Non. La HAS estime que les myorelaxants ont une balance bénéfice/risque défavorable dans la lombalgie commune.

Faut-il un arrêt de travail pour une lombalgie ?

La HAS recommande la reprise précoce des activités, y compris professionnelles, autant que possible. En cas d’arrêts répétés ou de plus de 4 semaines, il faut rechercher les obstacles au retour au travail et solliciter le médecin du travail.

Quand prescrire de la kinésithérapie pour une lombalgie ?

En cas de lombalgie chronique ou à risque de chronicité (drapeaux jaunes, récidive dans l’année). Elle doit être active : exercices enseignés par le kinésithérapeute puis poursuivis à domicile. Les techniques passives seules n’ont pas d’efficacité.

Le tramadol nécessite-t-il une ordonnance sécurisée ?

Oui, depuis le 1er mars 2025, tous les médicaments contenant du tramadol ou de la codéine se prescrivent sur ordonnance sécurisée, avec dosage, posologie et durée en toutes lettres, pour 12 semaines au maximum.

La ceinture lombaire est-elle utile ?

Elle peut être portée sur une courte durée pour aider à reprendre les activités, mais elle n’a pas montré d’efficacité sur l’évolution de la lombalgie.

Voir aussi sur ordonnance.net

Sources et recommandations

  1. HAS — Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune (fiche mémo) (Mars 2019)
  2. HAS — Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune : arbre décisionnel (Mars 2019)
  3. HAS — Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune (page de la recommandation) (Mars 2019)
  4. ANSM — Tramadol et codéine : prescription sur ordonnance sécurisée (Mars 2025)
  5. ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP du paracétamol 1 g, de l’ibuprofène 400 mg et de l’association tramadol/paracétamol (Consulté en octobre 2026)