Sciatique (lombosciatique) : guideline et conduite à tenir
Douleur L5 ou S1, formes graves (paralysante, hyperalgique, queue de cheval), antalgiques, imagerie, chirurgie · Rhumatologie, Médecine générale, Neurochirurgie · Sources : ameli 2023-2026, HAS 2019
L’essentiel
- Sciatique : douleur d’un membre inférieur sur le trajet du nerf sciatique, souvent avec douleur lombaire (lombosciatique) ; cause principale : hernie discale L4-L5 ou L5-S1 ; aussi arthrose (canal lombaire étroit, spondylolisthésis), tassement, grossesse.
- L5 : arrière de la cuisse, face externe du genou et de la jambe, dessus du pied, gros orteil. S1 : arrière de la cuisse et du genou, mollet, talon, plante et bord externe du pied jusqu’aux 3 derniers orteils.
- Douleur souvent déclenchée par un effort, aggravée assis, à la toux et à l’éternuement, soulagée allongé ; jambe d’aspect normal ; fourmillements, engourdissement ou faiblesse possibles.
- Urgence : sciatique paralysante (perte de force), hyperalgique (non calmée par les antalgiques), syndrome de la queue de cheval (anesthésie du périnée, troubles urinaires, perte du contrôle anal ou constipation inhabituelle) ; fièvre, amaigrissement, douleur nocturne croissante.
- Forme commune : rester actif, éviter le repos au lit prolongé, chaleur ; paracétamol en premier, AINS 5 jours au maximum sans contre-indication ; si insuffisant : paracétamol-codéine, tramadol (ordonnance sécurisée) ; myorelaxant si contracture.
- Pas d’examen au début ; imagerie (radiographies, scanner, IRM) si la douleur persiste au-delà de quelques semaines, résiste au traitement ou en cas de forme compliquée.
- Pas de kinésithérapie en phase aiguë ; ensuite renforcement musculaire, marche, natation ; infiltration épidurale par le rhumatologue (effet 3 à 6 semaines).
- Chirurgie urgente si paralysie, queue de cheval ou forme hyperalgique ; discutée si la sciatique dure plusieurs semaines malgré le traitement avec fort retentissement ; elle soulage la jambe, moins le dos.
Consulter en urgence
- Paralysie ou baisse de force de la jambe (sciatique paralysante)
- Douleur extrême non calmée par les antalgiques (sciatique hyperalgique)
- Perte de sensibilité du périnée, difficultés à uriner ou fuites urinaires, perte du contrôle des selles ou constipation inhabituelle (queue de cheval)
- Fièvre, difficultés à respirer, vomissements, infection urinaire récente
- Amaigrissement inexpliqué, douleur qui s’intensifie la nuit
Sciatique L5, S1 ou cruralgie : reconnaître le trajet de la douleur
| Racine | Trajet de la douleur |
|---|---|
| L5 (sciatique) | Arrière de la cuisse, face externe du genou et de la jambe, dessus du pied, gros orteil |
| S1 (sciatique) | Arrière de la cuisse et du genou, mollet, talon, plante et bord externe du pied, 3 derniers orteils |
| L3, L4 (cruralgie) | Devant de la cuisse jusqu’au genou, parfois jusqu’au bord interne du pied |
- Hernie discale (la plus fréquente) : conflit disco-radiculaire L4-L5 ou L5-S1 ; une hernie à l’IRM ne donne pas toujours de sciatique.
- Grossesse : troubles de la posture, le plus souvent résolutifs après l’accouchement.
- Arthrose lombaire (canal lombaire étroit, spondylolisthésis), traumatisme, tassement ostéoporotique, spondylarthrite, infection ou tumeur du rachis (très rare).
Ordonnances types : sciatique
Paracétamol
- Paracétamol 1 g, comprimé : 1 comprimé par prise si douleur, au moins 4 heures entre deux prises, 3 comprimés par jour au maximum (4 par jour sur avis médical, en l’absence de facteur de risque).
AINS : ibuprofène, 5 jours au maximum
- Ibuprofène 400 mg, comprimé : 1 comprimé par prise au cours d’un repas si douleur, toutes les 6 à 8 heures, 3 comprimés par jour au maximum, 5 jours au maximum.
Opioïde faible (2e intention)
- Tramadol 37,5 mg / paracétamol 325 mg, comprimé : 2 comprimés par prise si douleur, au moins 6 heures entre deux prises, 8 comprimés par jour au maximum, durée la plus courte possible.
Contracture douloureuse : thiocolchicoside
- Thiocolchicoside 4 mg, gélule (Miorel) : 2 gélules (8 mg) toutes les 12 heures au maximum, 7 jours consécutifs au maximum.
Imagerie d’une sciatique persistante
- IRM du rachis lombaire (ou scanner) ; radiographies du rachis dorsolombaire : Sciatique qui persiste au-delà de quelques semaines, résiste au traitement, ou forme compliquée (en urgence).
Prévenir la sciatique : activité et bons gestes
- Lutter contre la sédentarité : activité physique régulière, muscles du dos et abdominaux, échauffement, progression.
- Perdre du poids en cas de surpoids ; chaussures basses qui soutiennent ; matelas ferme.
- Ramasser un objet en s’accroupissant face à lui, porter les charges près du corps, un sac dans chaque main.
- S’asseoir pour s’habiller ; monter en voiture en s’asseyant d’abord puis en rentrant les deux jambes ensemble.
- Changer souvent de position, se lever, marcher et s’étirer ; poste d’écran bien réglé.
Conseils pendant une crise de sciatique
- Restez actif autant que la douleur le permet ; évitez de rester au lit plusieurs jours.
- Allongé sur le dos, glissez des oreillers fermes sous les genoux ; sur le côté, un coussin entre les genoux.
- La chaleur détend les muscles : bain chaud ou coussin chauffant, sans vous brûler.
- Prenez le paracétamol en premier ; l’anti-inflammatoire, pas plus de 5 jours et jamais deux à la fois.
- Consultez en urgence en cas de faiblesse de la jambe, de douleur que rien ne calme, de perte de sensibilité entre les cuisses, de difficulté à uriner ou à retenir les selles.
- Consultez aussi si la douleur ne s’améliore pas après quelques jours, augmente la nuit, ou si vous avez maigri sans raison.
- Reprenez la marche et la natation sans attendre la disparition complète de la douleur, selon l’avis de votre médecin.
Questions fréquentes sur la sciatique
Comment savoir si c’est une sciatique ?
La douleur part du bas du dos ou de la fesse et descend dans la jambe, derrière la cuisse, jusqu’au pied (gros orteil pour L5, talon et petits orteils pour S1). Elle augmente assis, à la toux et à l’effort, et diminue allongé.
Quels signes doivent faire consulter en urgence ?
Une faiblesse ou une paralysie de la jambe, une douleur extrême que les antalgiques ne calment pas, une perte de sensibilité du périnée, des difficultés à uriner ou des fuites, une perte du contrôle des selles, ou de la fièvre.
Faut-il rester au lit ?
Non, le repos au lit prolongé est déconseillé. Il faut rester actif en adaptant ses activités, sans forcer.
Quel médicament pour une sciatique ?
Le paracétamol en premier ; un anti-inflammatoire (ibuprofène) peut être utilisé 5 jours au maximum en l’absence de contre-indication. Si la douleur persiste, le médecin peut prescrire de la codéine ou du tramadol sur ordonnance sécurisée, et un myorelaxant en cas de contracture.
Faut-il passer une IRM ?
Pas au début. Une imagerie est demandée si la douleur persiste au-delà de quelques semaines, résiste au traitement, ou d’emblée en cas de forme compliquée.
La kinésithérapie est-elle utile ?
Pas pendant la phase aiguë. Elle peut être prescrite une fois la douleur aiguë passée, avec un renforcement musculaire.
Quand faut-il opérer une sciatique ?
En urgence en cas de paralysie, de syndrome de la queue de cheval ou de douleur hyperalgique. Sinon, la chirurgie se discute quand la sciatique dure plusieurs semaines malgré le traitement et gêne fortement la vie quotidienne.
Combien de temps d’arrêt de travail ?
C’est très variable : 1 à 2 jours suffisent souvent pour un travail sédentaire, environ 5 semaines peuvent être nécessaires pour un travail très physique avec port de charges lourdes.
Voir aussi sur ordonnance.net
- Ordonnance type : lombosciatique commune
- Conduite à tenir : lombalgie commune
- Conduite à tenir : cervicalgie et névralgie cervico-brachiale
- Conduite à tenir : douleurs neuropathiques
- Conduite à tenir : ostéoporose
Sources et recommandations
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Sciatique : reconnaître, que faire et quand consulter, consultation et traitement, prévention (Décembre 2023 à mars 2026)
- HAS — Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune (fiche mémo) (Mars 2019)
- ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP du paracétamol, de l’ibuprofène, de l’association tramadol-paracétamol et du thiocolchicoside (Consulté en novembre 2026)
Autres guidelines de médecine générale
- Douleur du talon (talalgie) : guideline et conduite à tenir
- Arthrose du genou (gonarthrose) : guideline et conduite à tenir
- Tendinopathies : guideline et conduite à tenir
- Crampes nocturnes : guideline et conduite à tenir
- Goutte : guideline et conduite à tenir
- Vitamine D : guideline et conduite à tenir
Chaque conduite à tenir est rédigée à partir des recommandations officielles en accès libre (HAS, sociétés savantes, ANSM), citées avec leur date en bas de fiche. Les posologies sont vérifiées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de la base de données publique des médicaments. Quand deux sources divergent, la fiche le signale. La date de la dernière vérification figure en tête de chaque fiche. Ces fiches ne remplacent pas le jugement clinique.