Arthrose du genou (gonarthrose) : conduite à tenir
Exercice, poids, AINS, infiltrations · Rhumatologie, Médecine physique · Sources : SFR 2020, SFR-SOFMER 2024
L’essentiel
- Toujours associer traitement non médicamenteux et médicaments ; les traitements visent la douleur et la fonction, sans effet protecteur du cartilage démontré.
- Activité physique adaptée en première intention : exercices de renforcement, mobilité, équilibre et endurance, 2 à 3 séances de 45 à 60 minutes par semaine, d’abord encadrées (kinésithérapeute), puis en autonomie ; au moins 6 000 pas par jour.
- Perte de poids d’au moins 5 % en cas de surpoids, progressive et durable.
- Chaussures stables, semelles amortissantes ; canne du côté opposé au genou douloureux ; genouillère de décharge si atteinte d’un seul compartiment.
- AINS oraux possibles en première intention sans contre-indication ni risque cardiovasculaire ou digestif, à la dose efficace la plus faible, la durée la plus courte ; AINS en gel sur le genou.
- Paracétamol : pas systématique ni continu ; à réévaluer à chaque renouvellement.
- Infiltration de corticoïde possible, surtout en poussée avec épanchement (après ponction) ; acide hyaluronique possible (non remboursé).
- Échec d’un traitement bien conduit avec arthrose invalidante : discuter la prothèse avec un chirurgien.
Ne pas méconnaître
- Genou rouge, chaud, fièvre : arthrite septique, urgence (ponction)
- Épanchement très inflammatoire ou début brutal : arthrite microcristalline (goutte, chondrocalcinose)
- Traumatisme, impossibilité d’appui : fracture
- Douleur nocturne intense, altération de l’état général : autre cause (tumeur, ostéonécrose)
Traitement non médicamenteux de la gonarthrose
| Mesure (SFR-SOFMER 2024) | Recommandation |
|---|---|
| Activité physique adaptée | Oui : renforcement, mobilité, proprioception, endurance ; 2 à 3 séances de 45-60 min/semaine ; 6 000 pas/jour |
| Perte de poids | Oui si surpoids : au moins 5 % du poids, progressive, avec activité physique |
| Chaussures | Oui : stables, semelle amortissante, bon soutien de la voûte ; éviter les semelles plates et souples |
| Canne | Oui : du côté opposé au genou douloureux |
| Genouillère de décharge articulée | Possible si atteinte d’un seul compartiment (port d’environ 5 h/jour) |
| Genouillères souples, bandes de contention | Non |
| Semelles orthopédiques | Non, sauf trouble de la statique du pied |
| Électrothérapie, ondes de choc, laser | Non |
| Acupuncture, cure thermale | Possibles en complément, si douleurs diffuses |
Médicaments et infiltrations dans la gonarthrose
| Traitement (SFR 2020) | Place |
|---|---|
| AINS oraux | Possibles en première intention sans contre-indication ni risque cardiovasculaire ou digestif ; dose la plus faible, durée la plus courte |
| AINS en gel | Peuvent être proposés ; presque aussi efficaces à court terme s’ils sont appliqués régulièrement |
| Paracétamol | Pas systématique ni continu ; réévaluer à chaque renouvellement |
| Opioïdes faibles | Possibles, seuls ou avec le paracétamol, après information |
| Opioïdes forts | Seulement si chirurgie contre-indiquée et échec des autres traitements |
| Corticoïde intra-articulaire | Possible, surtout en poussée avec épanchement (après ponction) |
| Acide hyaluronique intra-articulaire | Possible pour la douleur, sans effet sur le cartilage ; non remboursé |
| Anti-arthrosiques d’action lente | Possibles (glucosamine, chondroïtine, diacéréine, insaponifiables) ; non remboursés depuis 2015 |
| Capsaïcine < 1 % ; duloxétine (hors AMM) | À envisager en l’absence d’alternative |
| Plasma riche en plaquettes | Pas de conclusion |
- IPP avec un AINS oral seulement en cas de risque digestif : 65 ans et plus, antécédent d’ulcère, association à un antiagrégant, un anticoagulant ou un corticoïde (HAS 2022).
- Les AINS sont contre-indiqués à partir de 24 semaines de grossesse et en cas d’insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque sévère ; prudence chez le sujet âgé (fonction rénale, tension).
- Prothèse : à discuter en cas de gonarthrose invalidante malgré un traitement bien conduit.
Ordonnances types pour l’arthrose du genou
Kinésithérapie : programme d’exercice
- Masso-kinésithérapie : gonarthrose : Programme d’exercices actifs de renforcement musculaire des membres inférieurs, mobilité, proprioception et endurance, en salle et/ou en balnéothérapie ; apprentissage d’un programme d’auto-exercices à poursuivre à domicile. Séances 2 à 3 fois par semaine.
AINS en gel
- Diclofénac 1 %, gel : 1 application sur le genou douloureux, 3 à 4 fois par jour, en massant légèrement, pendant 7 jours (au maximum 14 jours) ; pas plus de 4 g de gel (environ 10 cm) par application.
Ibuprofène (poussée douloureuse)
- Ibuprofène 400 mg, comprimé : 1 comprimé au cours du repas, à renouveler si besoin toutes les 6 à 8 heures, sans dépasser 3 comprimés par jour, pendant la durée la plus courte possible (quelques jours).
IPP associé à l’AINS (patient à risque)
- Oméprazole 20 mg, gélule gastro-résistante : 1 gélule par jour pendant la durée du traitement par AINS, à arrêter en même temps que l’AINS.
Conseils au patient : arthrose du genou
- Bouger est le meilleur traitement : marchez tous les jours et faites vos exercices 2 à 3 fois par semaine, même quand le genou va bien.
- Si vous êtes en surpoids, perdre 5 % de votre poids soulage nettement le genou.
- Portez des chaussures stables avec une semelle amortissante ; une canne, tenue de l’autre côté, peut aider.
- Pendant une poussée (genou gonflé), mettez le genou au repos quelques jours puis reprenez les exercices.
- Les anti-inflammatoires se prennent sur une courte durée, au moment des poussées ; le gel est une bonne alternative.
- Consultez rapidement si le genou devient rouge et chaud avec de la fièvre.
Questions fréquentes sur l’arthrose du genou
Quel est le meilleur traitement de l’arthrose du genou ?
L’association d’une activité physique adaptée régulière, d’une perte de poids en cas de surpoids et, au besoin, de médicaments contre la douleur (AINS en gel ou par voie orale sur de courtes durées). Les infiltrations sont possibles en complément.
Faut-il faire du sport avec de l’arthrose du genou ?
Oui : l’exercice est le traitement de première intention. Les recommandations françaises conseillent 2 à 3 séances par semaine de renforcement, mobilité et endurance, et au moins 6 000 pas par jour, sauf pendant une poussée avec épanchement.
Le paracétamol est-il efficace dans l’arthrose ?
Son efficacité est faible : la SFR recommande de ne pas le prescrire de façon systématique et continue, et de réévaluer son intérêt à chaque renouvellement.
Les anti-inflammatoires sont-ils dangereux dans l’arthrose ?
Ils sont efficaces et peuvent être utilisés en première intention, à la dose la plus faible et sur la durée la plus courte, en l’absence de contre-indication. En gel, ils sont presque aussi efficaces à court terme avec moins d’effets indésirables.
Les infiltrations du genou sont-elles utiles ?
Les infiltrations de corticoïde soulagent surtout les poussées avec épanchement, rapidement mais transitoirement. L’acide hyaluronique peut soulager plus durablement, sans protéger le cartilage ; il n’est pas remboursé.
Combien de poids faut-il perdre pour soulager le genou ?
Au moins 5 % du poids, de façon progressive et durable, en associant une activité physique ; les régimes très restrictifs sont déconseillés.
La glucosamine ou la chondroïtine sont-elles efficaces ?
La SFR considère qu’elles peuvent être proposées pour les symptômes, sans effet sur le cartilage. Elles ne sont plus remboursées depuis 2015.
Quand faut-il envisager une prothèse de genou ?
Quand l’arthrose reste invalidante malgré un traitement médical et non médicamenteux bien conduit : la décision se discute avec le patient et un chirurgien orthopédiste.
Voir aussi sur ordonnance.net
- Ordonnance type : arthrose du genou, AINS par voie orale
- Ordonnance type : arthrose du genou, AINS en gel
- Ordonnance type : poussée d’arthrose
- Conduite à tenir : goutte
- Conduite à tenir : lombalgie
Sources et recommandations
- SFR — Recommandations de la Société française de rhumatologie sur le traitement pharmacologique de la gonarthrose (Sellam et al., Joint Bone Spine 2020) (2020)
- La Revue du Praticien — Médicaments dans la gonarthrose : de nouvelles recos (entretien avec le Pr J. Sellam) (Février 2021)
- SFR · SOFMER — Recommandations sur la prise en charge non pharmacologique de la gonarthrose (Pers et al., Ann Phys Rehabil Med 2024) (2024)
- La Revue du Praticien — Traitements non pharmacologiques de la gonarthrose : nouvelles recos (Octobre 2024)
- HAS — Fiche bon usage des inhibiteurs de la pompe à protons (prévention des lésions dues aux AINS) (Octobre 2022)
- ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP de l’ibuprofène 400 mg et du diclofénac gel 1 % (Consulté en octobre 2026)