Rhinite allergique : conduite à tenir
Corticoïde nasal, antihistaminique, association (ARIA 2024-2025) · ORL, Allergologie, Pédiatrie · Sources : ARIA-EAACI 2024-2025
L’essentiel
- Diagnostic clinique : éternuements, rhinorrhée claire, prurit nasal, obstruction, souvent conjonctivite ; rythme saisonnier (pollens) ou perannuel (acariens, animaux).
- Rechercher un asthme devant toute rhinite allergique ; tout signe atypique (unilatéral, saignement, douleur, perte de l’odorat) impose un examen ORL.
- Corticoïde nasal = traitement le plus efficace : recommandé plutôt qu’un antihistaminique oral (forte, ARIA-EAACI 2024-2025) ; usage régulier, effet en quelques jours.
- Antihistaminique de 2e génération (oral ou nasal) pour les formes légères ou intermittentes ; jamais de 1re génération (sédatifs).
- Contrôle insuffisant : association azélastine + fluticasone en spray, plus efficace que chaque produit seul (≥ 12 ans).
- Pas de montélukast en première intention ni en ajout à l’antihistaminique ; pas de vasoconstricteur au long cours (pseudoéphédrine sur ordonnance depuis 2024).
- Corticoïdes injectables retard à proscrire ; corticoïde oral seulement en cure courte exceptionnelle.
- Allergologue : doute diagnostique, rhinite non contrôlée, asthme associé, projet de désensibilisation (immunothérapie allergénique).
Signes atypiques : avis ORL
- Symptômes unilatéraux : obstruction, écoulement purulent ou sanglant d’une seule narine (corps étranger chez l’enfant, polype, tumeur)
- Épistaxis répétées, croûtes, douleur faciale, perte de l’odorat
- Obstruction permanente sans éternuements ni prurit, ou résistante à un traitement bien conduit
- Abus de vasoconstricteur nasal (rhinite médicamenteuse)
Diagnostic de la rhinite allergique
- Association de signes de rhinite (éternuements en salves, rhinorrhée claire, prurit nasal, obstruction), d’une sensibilisation IgE et d’une exposition allergénique concordante, après élimination des diagnostics différentiels.
- Interrogatoire capital : saisonnalité, lieux, animaux, profession, signes oculaires, eczéma, asthme ; examen du nez.
- Sensibilisation démontrée par les prick-tests (allergologue) ou les IgE spécifiques ; sa pertinence doit concorder avec les symptômes.
- Toute rhinite allergique invite à rechercher un asthme.
| Classification (SPLF, d’après ARIA) | Définition |
|---|---|
| Intermittente | Moins de 4 semaines consécutives par an |
| Persistante | 4 semaines consécutives ou plus par an |
| Légère | Pas de retentissement sur la qualité de vie |
| Sévère (modérée à sévère) | Retentissement : sommeil, activités, travail, école, symptômes gênants |
Traitement de la rhinite allergique (ARIA-EAACI 2024-2025)
| Recommandation ARIA-EAACI 2024-2025 | Force |
|---|---|
| Corticoïde nasal plutôt qu’antihistaminique oral | Forte |
| Corticoïde nasal plutôt qu’antihistaminique nasal | Conditionnelle |
| Association antihistaminique + corticoïde nasal plutôt que chacun seul | Conditionnelle |
| Antihistaminique oral de 2e génération plutôt que 1re génération | Forte |
| Antihistaminique oral plutôt que montélukast | Forte |
| Pas d’ajout de montélukast à l’antihistaminique oral | Conditionnelle |
| Pas d’ajout d’un vasoconstricteur nasal au corticoïde nasal | Conditionnelle |
| Antihistaminique oral plutôt que collyre, sauf soulagement oculaire rapide | Conditionnelle |
- Les corticoïdes nasaux ont une excellente tolérance aux doses recommandées ; rechercher la dose minimale efficace, surtout chez l’enfant.
- Corticoïdes injectables retard à proscrire (SPLF) ; corticoïde oral à éviter, cure courte seulement si symptômes sévères non contrôlés.
- Vasoconstricteurs : pseudoéphédrine orale sur ordonnance obligatoire depuis le 11 décembre 2024 (ANSM) et non recommandée au long cours ; montélukast réservé en France aux asthmatiques (effets neuropsychiatriques possibles).
- Immunothérapie allergénique (désensibilisation) : seul traitement agissant sur la cause ; après bilan allergologique, pour les allergènes validés (graminées, acariens, bouleau, ambroisie) ; réévaluation après un an.
Ordonnances types : rhinite allergique
Antihistaminique oral
- Cétirizine 10 mg, comprimé (ou desloratadine 5 mg, ou bilastine 20 mg à jeun) : 1 comprimé par jour, pendant la période de symptômes ou d’exposition à l’allergène.
- Chlorure de sodium 0,9 %, solution nasale : Lavage de nez 1 à 3 fois par jour, notamment avant le spray.
Corticoïde nasal
- Mométasone 50 µg/dose, suspension pour pulvérisation nasale : 2 pulvérisations dans chaque narine 1 fois par jour le matin ; dès que les symptômes sont contrôlés, 1 pulvérisation dans chaque narine ; pendant toute la période d’exposition.
Association azélastine + fluticasone
- Azélastine 137 µg / fluticasone 50 µg par pulvérisation, suspension nasale (Dymista ou génériques) : 1 pulvérisation dans chaque narine matin et soir, pendant la période d’exposition.
Enfant
- Desloratadine 0,5 mg/ml, solution buvable : 1 à 5 ans : 2,5 ml (1,25 mg) 1 fois par jour ; 6 à 11 ans : 5 ml (2,5 mg) 1 fois par jour.
- Ou cétirizine 10 mg/ml, solution buvable en gouttes : 2 à 6 ans : 5 gouttes (2,5 mg) 2 fois par jour ; 6 à 12 ans : 10 gouttes (5 mg) 2 fois par jour.
- Si gêne importante : mométasone 50 µg/dose, pulvérisation nasale : 3 à 11 ans : 1 pulvérisation dans chaque narine 1 fois par jour.
Grossesse
- Chlorure de sodium 0,9 %, solution nasale : Lavage de nez 1 à 3 fois par jour.
- Budésonide 64 µg/dose, pulvérisation nasale (ou mométasone) : 2 pulvérisations dans chaque narine le matin, puis dose minimale efficace.
- Cétirizine ou loratadine 10 mg, comprimé : 1 comprimé par jour si besoin.
Conseils au patient : rhinite allergique
- Le spray de corticoïde agit après quelques jours : utilisez-le tous les jours pendant la saison, même quand vous allez mieux.
- Faites un lavage de nez au sérum physiologique avant le spray.
- Pollens : aérez tôt le matin ou tard le soir, rincez-vous les cheveux le soir, séchez le linge à l’intérieur en pleine saison ; consultez les alertes polliniques.
- Acariens : chambre aérée et peu chauffée, literie lavée à 60 °C, housses anti-acariens associées aux autres mesures.
- Évitez le tabac et la fumée.
- Consultez si vous toussez, sifflez ou êtes essoufflé (asthme possible), ou si un seul côté du nez est bouché ou saigne.
Questions fréquentes sur la rhinite allergique
Quel est le meilleur traitement de la rhinite allergique ?
Le corticoïde en spray nasal est le traitement le plus efficace, notamment sur le nez bouché ; les recommandations ARIA-EAACI 2024-2025 le préfèrent à l’antihistaminique en comprimé. Un antihistaminique suffit souvent pour des symptômes légers ou intermittents.
Les sprays de corticoïdes sont-ils dangereux au long cours ?
Non, leur tolérance est excellente aux doses recommandées, car très peu de produit passe dans le sang. On recherche la dose minimale efficace, surtout chez l’enfant. Un léger saignement de nez est l’effet indésirable le plus fréquent.
Combien de temps faut-il pour qu’un spray de corticoïde agisse ?
Un effet apparaît en quelques heures, mais l’efficacité complète demande plusieurs jours d’utilisation régulière. Il faut donc le prendre chaque jour pendant la période d’exposition.
Quel antihistaminique choisir pour le rhume des foins ?
Un antihistaminique de deuxième génération (cétirizine, lévocétirizine, desloratadine, loratadine, bilastine, fexofénadine…), peu sédatif. Le choix dépend des préférences et de la tolérance de chacun ; les antihistaminiques de première génération sont à éviter.
Une piqûre de corticoïde pour passer la saison des pollens, est-ce une bonne idée ?
Non. Les corticoïdes injectables retard sont à proscrire dans la rhinite allergique en raison de leurs effets indésirables. Un corticoïde oral peut être prescrit exceptionnellement en cure courte.
Quand faut-il voir un allergologue ?
En cas de doute diagnostique, de rhinite mal contrôlée malgré un traitement bien suivi, d’asthme associé, ou pour discuter d’une désensibilisation (immunothérapie allergénique).
Quels traitements pendant la grossesse ?
Les lavages au sérum physiologique, les corticoïdes nasaux et les antihistaminiques comme la cétirizine ou la loratadine sont utilisables pendant toute la grossesse et l’allaitement, selon le CRAT. Les vasoconstricteurs oraux sont à éviter.
La rhinite allergique peut-elle évoluer vers l’asthme ?
La rhinite allergique et l’asthme sont souvent associés : il faut rechercher un asthme chez toute personne qui a une rhinite allergique (toux, sifflements, essoufflement, gêne à l’effort).
Voir aussi sur ordonnance.net
- Ordonnance type : rhinite allergique (à partir de 12 ans)
- Ordonnance type : rhinite allergique de l’enfant
- Ordonnance type : rhinite allergique chez la femme enceinte
- Ordonnance type : conjonctivite allergique
- Conduite à tenir : asthme
- Conduite à tenir : sinusite
- Conduite à tenir : conjonctivite
Sources et recommandations
- ARIA · EAACI — Guidelines 2024-2025 Revision, partie I : traitements intranasaux (Allergy 2026;81:954-976) (Décembre 2025 (en ligne))
- ARIA · EAACI — Guidelines 2024-2025 Revision, partie II : traitements oraux et oculaires (Allergy 2026;81:1947-1970) (Mars 2026 (en ligne))
- SPLF · SFA · SFORL · SFDRMG · SFP — Recommandations pour le diagnostic et la prise en charge de la rhinite allergique (synthèse, Rev Mal Respir 2010;27:S106-S108) (2010)
- ANSM — Rhume : ordonnance obligatoire pour toute dispensation de médicament à base de pseudoéphédrine (Décembre 2024)
- CRAT — Rhinite : traitements utilisables pendant la grossesse et l’allaitement (Consulté en octobre 2026)
- ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP de mométasone, fluticasone, Dymista, cétirizine, desloratadine, bilastine, Singulair (Consulté en octobre 2026)