Règles douloureuses et endométriose : conduite à tenir

Dysménorrhée, AINS, contraception, quand penser à l’endométriose · Gynécologie · Sources : HAS-CNGOF 2017

L’essentiel

Douleur pelvienne aiguë : urgence

Endométriose : quand y penser, quel bilan (HAS 2017)

Signes évocateurs et localisateursConduite
Dysménorrhée intense (≥ 8/10, absentéisme, résistance au palier 1)Rechercher une endométriose
Dyspareunie profondeRechercher une endométriose profonde
Douleurs à la défécation ou signes urinaires pendant les règlesRechercher une endométriose profonde
InfertilitéBilan spécialisé
Dysménorrhée isolée contrôlée par contraception hormonalePas de recherche d’endométriose

Traitements hormonaux de l’endométriose douloureuse

LigneTraitements (HAS 2017)
1re intentionContraception œstroprogestative ; DIU au lévonorgestrel 52 mg
2e intentionMicroprogestatif au désogestrel ; implant à l’étonogestrel ; diénogest ; agonistes de la GnRH + add-back thérapie
AdolescenteŒstroprogestatif ou microprogestatif en 1re intention ; avis spécialisé si échec ; pas d’agoniste de la GnRH en 1re intention
Non recommandésAnti-aromatases, SERM, SPRM, anti-TNF

Ordonnances types : règles douloureuses

Anti-inflammatoire (règles douloureuses)

Contraception œstroprogestative en continu

Conseils : règles douloureuses

Questions fréquentes sur les règles douloureuses

Quel médicament contre les règles douloureuses ?

Un anti-inflammatoire comme l’ibuprofène ou l’acide méfénamique, pris dès le début des douleurs. Selon une revue Cochrane, les AINS sont très efficaces, avec des effets indésirables possibles qu’il faut connaître.

La pilule soulage-t-elle les règles douloureuses ?

Oui, une contraception œstroprogestative, éventuellement prise en continu sans arrêt, réduit souvent les douleurs. C’est aussi l’un des traitements de première intention de l’endométriose.

Quand faut-il penser à une endométriose ?

Devant des règles très douloureuses (8/10 ou plus), un absentéisme fréquent, une résistance au paracétamol et aux AINS, des douleurs pendant les rapports, à la défécation ou pour uriner pendant les règles, ou une difficulté à être enceinte.

Comment diagnostiquer une endométriose ?

Par l’examen clinique et une échographie pelvienne en première intention, puis si besoin une IRM ou une échographie par un spécialiste. Aucune prise de sang ne permet de la diagnostiquer et une cœlioscopie seulement diagnostique n’est pas recommandée.

Quels traitements pour l’endométriose ?

En première intention, une pilule œstroprogestative ou un stérilet au lévonorgestrel 52 mg ; en deuxième intention, une pilule progestative, l’implant, le diénogest ou des agonistes de la GnRH. La chirurgie se discute selon les lésions, les douleurs et le projet de grossesse.

Peut-on prendre des anti-inflammatoires en permanence ?

Non : dans l’endométriose, la HAS recommande d’éviter les AINS au long cours en raison de leurs effets sur l’estomac et les reins.

L’endométriose s’aggrave-t-elle avec le temps ?

Les données ne montrent pas de progression systématique des lésions. En l’absence de symptômes, aucune surveillance par imagerie n’est nécessaire.

L’endométriose augmente-t-elle le risque de cancer ?

Le lien de causalité avec le cancer de l’ovaire n’est pas démontré : la HAS ne recommande pas de dépistage particulier.

Voir aussi sur ordonnance.net

Sources et recommandations

  1. HAS · CNGOF — Prise en charge de l’endométriose : démarche diagnostique et traitement médical (fiche de synthèse) (Décembre 2017)
  2. HAS · CNGOF — Prise en charge de l’endométriose : messages clés destinés au médecin généraliste (Décembre 2017)
  3. Cochrane — Nonsteroidal anti-inflammatory drugs for dysmenorrhoea (Marjoribanks J et al., CD001751) (2015)
  4. ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP d’ibuprofène 400 mg, Ponstyl, Mirena, diénogest (Consulté en octobre 2026)