Salpingite et infection génitale haute : guideline et conduite à tenir
Douleurs pelviennes, prélèvements, ceftriaxone + doxycycline + métronidazole 10 jours, partenaire, suivi · Gynécologie, Infectiologie, Médecine générale · Sources : HAS 2024-2025, ameli 2025
L’essentiel
- Infection génitale haute (endométrite, salpingite) : infection souvent polymicrobienne, sexuellement transmise (Chlamydia trachomatis, gonocoque, Mycoplasma genitalium) ou issue de la flore vaginale ; elle passe inaperçue dans 50 à 70 % des cas.
- Diagnostic clinique : douleurs pelviennes depuis 4 jours ou plus et, à l’examen, douleur annexielle ou à la mobilisation utérine ; parfois fièvre, leucorrhées, métrorragies, dyspareunie, troubles du transit.
- Examens : prélèvement de l’endocol sous spéculum (examen direct, culture, antibiogramme, TAAN gonocoque, Chlamydia, M. genitalium), CRP et leucocytes, test de grossesse, sérologies VIH, hépatites B et C, syphilis ; échographie pelvienne ; un résultat négatif n’exclut pas le diagnostic.
- Traitement en ambulatoire dès la suspicion, après les prélèvements, sans attendre les résultats : ceftriaxone 1 g IM dose unique + doxycycline 100 mg × 2/j + métronidazole 500 mg × 2/j pendant 10 jours.
- Allergie documentée aux céphalosporines sans facteur de risque d’IST : ofloxacine (ou lévofloxacine) + métronidazole 10 jours, en dernier recours ; avec facteur de risque d’IST : avis spécialisé.
- Recours (hospitalisation) : doute diagnostique, symptômes graves, traitement oral impossible, grossesse, détresse psychologique, échec d’un traitement ; formes compliquées (abcès tubo-ovarien, pelvipéritonite, péri-hépatite, sepsis).
- Contrôle à J3-J5 (évolution, tolérance, observance, adaptation aux résultats, vaccination hépatite B) ; prélèvement de contrôle 3 à 6 mois après une IGH liée à une IST.
- Partenaire(s) : dépistage et traitement même sans symptôme ; préservatif ; séquelles possibles : stérilité tubaire, grossesse extra-utérine, douleurs pelviennes chroniques.
Recours spécialisé ou hospitalisation
- Doute diagnostique (grossesse extra-utérine, appendicite, torsion ou rupture de kyste, pyélonéphrite…)
- Symptômes graves, sepsis : pelvipéritonite, abcès tubo-ovarien
- Grossesse en cours
- Traitement par voie orale impossible (vomissements), détresse psychologique
- Échec d’un traitement antérieur, pas d’amélioration après 48 à 72 heures
Salpingite : symptômes, examens et diagnostics à éliminer
| Infection génitale haute | |
|---|---|
| Terrain | Femme jeune (20 à 25 ans surtout), partenaires multiples, IST récente ou chez le partenaire ; après un geste endo-utérin (IVG instrumentale, pose de stérilet, hystéroscopie) |
| Signes | Douleurs du bas-ventre depuis 4 jours ou plus, pertes jaunâtres, fièvre, brûlures urinaires, saignements, douleur aux rapports |
| Examen | Douleur annexielle provoquée ou à la mobilisation de l’utérus ou du col ; masse annexielle possible |
| Douleur sous les côtes à droite | Péri-hépatite (15 à 20 % des cas selon ameli) |
| Germes | Chlamydia trachomatis, gonocoque, M. genitalium ; streptocoques, staphylocoques, entérobactéries, anaérobies |
| À éliminer | Grossesse extra-utérine, appendicite, torsion ou rupture de kyste ovarien, pyélonéphrite, cholécystite, endométriose, sigmoïdite |
- Précoces (urgence) : pyosalpinx, abcès de l’ovaire ou du cul-de-sac de Douglas, pelvipéritonite, phlébite pelvienne.
- Tardives : infertilité par obstruction des trompes (surtout après Chlamydia, souvent sans symptôme), grossesse extra-utérine, adhérences, douleurs pelviennes chroniques.
Ordonnances types : salpingite
Bilan d’une infection génitale haute
- Prélèvement de l’endocol sous spéculum : examen direct, culture et antibiogramme ; recherche de gonocoque, Chlamydia trachomatis et Mycoplasma genitalium par TAAN : Avant les antibiotiques (à défaut : TAAN sur prélèvement vaginal).
- CRP, numération des leucocytes ; bêta-hCG : Syndrome inflammatoire ; exclure une grossesse intra-utérine ou extra-utérine.
- Sérologies VIH, hépatite B, hépatite C, syphilis : Dépistage des autres IST, avec l’accord de la patiente.
- Échographie pelvienne (endovaginale) : Sans retarder le traitement : diagnostic différentiel, recherche d’abcès.
Ceftriaxone + doxycycline + métronidazole, 10 jours
- Ceftriaxone 1 g, poudre et solvant pour solution injectable IM : 1 injection intramusculaire, dose unique.
- Doxycycline 100 mg, comprimé : 1 comprimé matin et soir pendant 10 jours, au cours du repas, avec un grand verre d’eau, au moins une heure avant le coucher.
- Métronidazole 500 mg, comprimé : 1 comprimé matin et soir pendant 10 jours.
Ofloxacine + métronidazole, 10 jours (dernier recours)
- Ofloxacine 200 mg, comprimé : 1 comprimé matin et soir pendant 10 jours.
- Métronidazole 500 mg, comprimé : 1 comprimé matin et soir pendant 10 jours.
Paracétamol
- Paracétamol 1 g, comprimé : 1 comprimé si douleur ou fièvre, au moins 4 heures entre deux prises, 3 comprimés par jour au maximum.
Partenaire et prévention après une salpingite
- Le ou les partenaires doivent être dépistés (prélèvement urétral, examen d’urine, sérologies) et traités même sans symptôme : ils peuvent être porteurs sains.
- Traitement du partenaire selon le germe : voir la fiche urétrite et cervicite (Chlamydia, gonocoque).
- Préservatif masculin ou féminin à chaque rapport : seule protection contre les IST ; gratuit en pharmacie avant 26 ans.
- Après un geste endo-utérin (stérilet, hystéroscopie, IVG instrumentale) : surveiller la température et signaler toute fièvre ou douleur intense.
Conseils pendant le traitement d’une salpingite
- Prenez les antibiotiques pendant les 10 jours, même si les douleurs disparaissent avant.
- Ne buvez pas d’alcool pendant le traitement par métronidazole.
- Prenez la doxycycline au cours du repas avec un grand verre d’eau, au moins une heure avant le coucher, et évitez le soleil.
- Contre la douleur, prenez du paracétamol ; évitez les anti-inflammatoires.
- Votre partenaire doit consulter pour être dépisté et traité, même s’il n’a aucun symptôme.
- Utilisez un préservatif à chaque rapport : c’est la seule protection contre les IST.
- Revenez consulter 3 à 5 jours après le début du traitement, ou plus tôt si la fièvre ou les douleurs s’aggravent.
- Un prélèvement de contrôle est conseillé 3 à 6 mois après le traitement.
Questions fréquentes sur la salpingite
Qu’est-ce qu’une salpingite ?
C’est une infection des trompes utérines, le plus souvent due à une bactérie transmise lors d’un rapport sexuel non protégé (Chlamydia, gonocoque). Elle fait partie des infections génitales hautes, avec l’endométrite.
Quels sont les symptômes d’une salpingite ?
Des douleurs du bas-ventre qui durent depuis au moins 4 jours, souvent avec des pertes jaunâtres, de la fièvre, des brûlures urinaires, des saignements ou des douleurs pendant les rapports. Elle passe pourtant inaperçue dans 50 à 70 % des cas.
Quel est le traitement d’une salpingite ?
Selon la HAS, une injection unique de ceftriaxone 1 g, puis doxycycline et métronidazole, deux fois par jour pendant 10 jours. Le traitement commence dès la suspicion, après les prélèvements, sans attendre les résultats.
Faut-il être hospitalisée ?
Non dans les formes simples, traitées en ambulatoire. L’hospitalisation est nécessaire en cas de doute diagnostique, de symptômes graves, de grossesse, de traitement oral impossible, d’échec d’un traitement ou de complication (abcès, pelvipéritonite).
Mon partenaire doit-il être traité ?
Oui, même sans symptôme : il peut être porteur de la bactérie. Il doit faire un dépistage et recevoir un traitement adapté au germe, sinon le risque de récidive est important.
Une salpingite peut-elle rendre stérile ?
Oui, des lésions des trompes peuvent persister et causer une infertilité ou une grossesse extra-utérine, surtout en cas de récidive ou de traitement tardif. D’où l’intérêt de traiter tôt et de prévenir les IST.
Faut-il retirer le stérilet ?
Pas d’emblée : selon ameli, il n’est retiré que si l’évolution n’est pas satisfaisante sous antibiotiques ou si l’infection est grave d’emblée.
Quel suivi après une salpingite ?
Une consultation 3 à 5 jours après le début du traitement, puis un prélèvement de contrôle 3 à 6 mois après si l’infection était liée à une IST. La vaccination contre l’hépatite B est proposée.
Voir aussi sur ordonnance.net
- Ordonnance type : salpingite aiguë simple
- Conduite à tenir : urétrite, cervicite, Chlamydia et gonocoque
- Conduite à tenir : vaginose bactérienne
- Conduite à tenir : syphilis
- Conduite à tenir : contraception
Sources et recommandations
- HAS — Choix et durées d’antibiothérapie dans les infections génitales hautes non compliquées (fiche mémo) (Décembre 2024, mise à jour le 13 mai 2025)
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Salpingite : définition et causes, symptômes et diagnostic, traitement, prévention (Décembre 2025)
- ANSM — Fluoroquinolones : effets indésirables (dossier thématique) (Consulté en novembre 2026)
Autres guidelines de médecine générale
- Mycose vaginale : guideline et conduite à tenir
- Règles abondantes (ménorragies) : guideline et conduite à tenir
- Règles douloureuses et endométriose : guideline et conduite à tenir
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- Diverticulite aiguë sigmoïdienne : guideline et conduite à tenir
- Infection urinaire de l’homme : guideline et conduite à tenir
Chaque conduite à tenir est rédigée à partir des recommandations officielles en accès libre (HAS, sociétés savantes, ANSM), citées avec leur date en bas de fiche. Les posologies sont vérifiées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de la base de données publique des médicaments. Quand deux sources divergent, la fiche le signale. La date de la dernière vérification figure en tête de chaque fiche. Ces fiches ne remplacent pas le jugement clinique.