Vaginose bactérienne : conduite à tenir
Critères d’Amsel, métronidazole, grossesse · Gynécologie, Infectiologie · Sources : SFD 2016, CNGOF 2016, CRAT
L’essentiel
- Première cause de pertes vaginales : déséquilibre de la flore (lactobacilles remplacés par *Gardnerella*, anaérobies, mycoplasmes) ; ce n’est pas une IST.
- Pertes grisâtres, homogènes, malodorantes (« poisson pourri »), peu de prurit ; parfois asymptomatique.
- Diagnostic : critères d’Amsel (3 sur 4) : pertes homogènes, pH vaginal > 4,5, test à la potasse positif, clue cells à l’examen direct ; examen au spéculum du col.
- Traitement : métronidazole 500 mg 2 fois par jour pendant 7 jours ; alternative : secnidazole 2 g en prise unique ; pas d’alcool pendant le traitement.
- Pas de traitement du partenaire : il ne réduit pas les récidives (SFD).
- Pas de traitement d’une vaginose découverte sans symptôme, sauf circonstance particulière (grossesse).
- Grossesse : associée à la prématurité ; traiter une vaginose symptomatique (métronidazole possible quel que soit le terme) ; pas de dépistage systématique en population générale (CNGOF, grade A).
- Éviter les toilettes intravaginales (facteur favorisant) ; récidives fréquentes.
Penser à une autre cause ou une IST
- Pertes jaune-vert, mousseuses, vulvite : trichomonase (IST : traiter le partenaire)
- Cervicite (col inflammatoire, pus à l’endocol, saignements au contact) : chlamydia, gonocoque
- Fièvre, douleurs pelviennes, douleur à la mobilisation de l’utérus : infection génitale haute
- Facteurs de risque d’IST (nouveau partenaire, partenaires multiples) : dépistage
Critères d’Amsel : diagnostic de la vaginose
Diagnostic de vaginose bactérienne : au moins 3 critères sur 4.
- Pertes (leucorrhées) homogènes, grisâtres, adhérentes
- pH vaginal supérieur à 4,5
- Test à la potasse 10 % positif (odeur de poisson avarié)
- Clue cells (cellules épithéliales tapissées de bactéries) à l’examen direct
- Moins de 3 critères : Vaginose peu probable : rechercher une candidose, une trichomonase, une cervicite ; prélèvement si doute.
- 3 critères ou plus : vaginose bactérienne : Traiter si symptômes (ou grossesse) : métronidazole 500 mg 2 fois par jour pendant 7 jours.
Reconnaître une vaginose bactérienne
| Vaginose bactérienne | Candidose | Trichomonase | |
|---|---|---|---|
| Pertes | Grises, homogènes, abondantes | Blanches, épaisses, caillebottées | Abondantes, spumeuses, jaune-vert |
| Odeur | Poisson pourri | Non | Possible |
| Vulve | Peu inflammatoire | Rouge, prurit | Vulvite |
| pH vaginal | > 4,5 | Normal | > 4,5 |
| IST | Non | Non | Oui : partenaire traité |
- Facteurs favorisants : toilettes intravaginales, nombre élevé de partenaires, rapports entre femmes ; très rare chez les femmes sans activité sexuelle.
- Tableau typique : pas de prélèvement indispensable, mais examen du col au spéculum nécessaire.
- La vaginose favorise la transmission du VIH ; pendant la grossesse, elle est associée à la prématurité.
- Le terme « gardnerellose » est à abandonner : *Gardnerella vaginalis* n’est qu’une des bactéries en cause.
Traitement de la vaginose bactérienne
| Situation | Traitement |
|---|---|
| Vaginose symptomatique | Métronidazole 500 mg × 2/j, 7 jours |
| Alternative | Secnidazole 2 g dose unique ; métronidazole ovule 7 jours |
| Grossesse (symptomatique) | Métronidazole, quel que soit le terme |
| Sans symptôme (hors grossesse) | Pas de traitement |
| Partenaire | Pas de traitement (sans effet sur les récidives) |
- Le RCP de Flagyl mentionne un traitement simultané du partenaire dans les « vaginites non spécifiques » ; la SFD (2016) indique qu’il n’a pas d’impact sur les récidives.
- Secnidazole : une seule étude versus métronidazole ; la prise unique peut être insuffisante chez certaines patientes (RCP).
- Effet antabuse des imidazolés : pas d’alcool pendant le traitement.
Ordonnances types pour la vaginose bactérienne
Vaginose bactérienne
- Métronidazole 500 mg, comprimé : 1 comprimé matin et soir pendant 7 jours.
Secnidazole (prise unique)
- Secnidazole 2 g, granulés en sachet-dose (Secnol) : 1 sachet en une seule prise, au début du repas.
Traitement local
- Métronidazole 500 mg, ovule : 1 ovule le soir au coucher par voie vaginale pendant 7 jours.
Vaginose symptomatique pendant la grossesse
- Métronidazole 500 mg, comprimé : 1 comprimé matin et soir pendant 7 jours.
Prélèvements
- Prélèvement vaginal : pH, examen direct (clue cells, Trichomonas, levures), test à la potasse, culture : Leucorrhées atypiques, récidivantes ou ne répondant pas au traitement.
- PCR Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae (endocol ou auto-prélèvement vaginal) : Cervicite ou facteurs de risque d’IST.
Conseils à la patiente : vaginose bactérienne
- La vaginose est un déséquilibre de la flore vaginale, pas une infection sexuellement transmissible ; votre partenaire n’a pas besoin d’être traité.
- Prenez le traitement jusqu’au bout et ne buvez pas d’alcool pendant le traitement.
- Évitez les douches vaginales et les produits d’hygiène intime parfumés : ils favorisent les récidives.
- Si vous êtes enceinte, signalez des pertes malodorantes à votre médecin ou à votre sage-femme.
- Consultez si les pertes changent de couleur, s’accompagnent de douleurs, de fièvre ou de saignements, ou reviennent souvent.
Questions fréquentes sur la vaginose bactérienne
Quel traitement pour une vaginose bactérienne ?
Le métronidazole par voie orale, 500 mg matin et soir pendant 7 jours, est le traitement recommandé par la Société française de dermatologie. Le secnidazole en prise unique et les ovules de métronidazole sont des alternatives.
La vaginose bactérienne est-elle une IST ?
Non : c’est un déséquilibre de la flore vaginale. Le traitement du partenaire n’est pas nécessaire et ne diminue pas les récidives.
Comment reconnaître une vaginose ?
Par des pertes grisâtres, homogènes, avec une odeur de poisson pourri. Le diagnostic repose sur les critères d’Amsel : pertes homogènes, pH supérieur à 4,5, test à la potasse positif et clue cells (3 sur 4).
Faut-il traiter une vaginose sans symptôme ?
Non, en dehors de circonstances particulières comme la grossesse : une vaginose découverte seulement sur un prélèvement n’a pas besoin d’être traitée.
La vaginose est-elle dangereuse pendant la grossesse ?
Elle est associée à un risque de rupture prématurée des membranes et d’accouchement prématuré. Une vaginose symptomatique doit être traitée ; le métronidazole peut être utilisé quel que soit le terme. Le dépistage systématique n’est pas recommandé chez toutes les femmes enceintes.
Peut-on boire de l’alcool sous métronidazole ?
Non : l’association peut provoquer un effet antabuse (bouffées de chaleur, nausées, palpitations). Il faut éviter l’alcool pendant le traitement.
Pourquoi la vaginose récidive-t-elle souvent ?
Parce que la flore vaginale se rééquilibre lentement. Les toilettes intravaginales favorisent les récidives ; en cas de récidives fréquentes, un avis gynécologique est utile.
Quelle différence entre vaginose et mycose vaginale ?
La vaginose donne des pertes grises malodorantes avec peu de démangeaisons, alors que la mycose donne des pertes blanches épaisses sans odeur avec des démangeaisons vulvaires importantes.
Voir aussi sur ordonnance.net
- Ordonnance type : vulvovaginite à Gardnerella vaginalis
- Ordonnance type : vaginose bactérienne pendant la grossesse
- Ordonnance type : vulvovaginite à Trichomonas
- Conduite à tenir : mycose vaginale
- Conduite à tenir : cystite aiguë de la femme
Sources et recommandations
- SFD (section MST/sida) — Recommandations diagnostiques et thérapeutiques pour les MST : leucorrhées (Février 2016)
- CNGOF — Prévention de la prématurité spontanée et de ses conséquences (hors rupture des membranes), recommandations pour la pratique clinique (2016)
- CRAT — Métronidazole et secnidazole pendant la grossesse (Consulté en octobre 2026)
- ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP de Flagyl 500 mg (comprimé, ovule) et de Secnol 2 g (Consulté en octobre 2026)