Mésusage d’alcool : conduite à tenir

Repérage (FACE), réduction, sevrage, rechute · Addictologie, Prévention · Sources : SFA 2023, HAS 2023

L’essentiel

Sevrage compliqué : urgence

Questionnaire FACE : évaluer la consommation d’alcool

Adulte, en entretien. Seuils différents selon le sexe : risque faible si moins de 5 chez l’homme, moins de 4 chez la femme.

Repérer une consommation d’alcool à risque

Repère de consommation (SPF-INCa 2017)Au-delà : usage à risque
Verres standard par jourPlus de 2
Jours sans alcool par semaineMoins de 2
Verres standard par semainePlus de 10
Alcoolisation ponctuelle importante6 verres ou plus en moins de 2 heures
1 verre standard = 10 g d’alcool pur
25 cl de bière à 5°
10 cl de vin à 12°
7 cl de vin cuit à 18°
3 cl d’alcool à 40° (whisky, vodka)
2,5 cl d’alcool à 45° (pastis)

Sevrage et traitements médicamenteux

ObjectifTraitement (SFA 2023)Niveau
SevragePas de médicament si évaluation soigneuse et régulière ; sinon benzodiazépine (diazépam), 1 semaineB ; A
SevrageVitamine B1 systématique ; hydratation ≈ 2 L/jSystématique
SevrageNon recommandés : baclofène, acamprosate, bêtabloquants ; pas d’antidépresseur—
Prévention de la rechuteAcamprosate ou naltrexone (1re intention) ; disulfirame (2e)AE ; A
Réduction (dépendants)Nalméfène à la demande ; baclofène en 2e intentionA
ToujoursAccompagnement psychosocial associéA

Ordonnances types : alcool

Sevrage ambulatoire

Vitamine B1 (thiamine)

Acamprosate

Naltrexone

Disulfirame (2e intention)

Nalméfène

Baclofène (2e intention)

Conseils au patient : réduire ou arrêter l’alcool

Questions fréquentes sur l’alcool

À partir de combien de verres l’alcool devient-il à risque ?

Au-delà de 2 verres standard par jour, de 10 verres par semaine, ou sans au moins 2 jours sans alcool par semaine. Boire 6 verres ou plus en moins de 2 heures est une pratique à risque. Pendant la grossesse, il ne faut pas boire d’alcool.

Qu’est-ce que le questionnaire FACE ?

Un questionnaire de 5 questions utilisé par les soignants pour évaluer la consommation d’alcool. Un score de 5 à 8 chez l’homme ou de 4 à 8 chez la femme évoque une consommation excessive ; au-delà de 8, une dépendance est probable.

Faut-il un médicament pour un sevrage d’alcool ?

Pas toujours : selon la Société française d’alcoologie, le sevrage ne nécessite souvent pas de médicament si le patient est évalué soigneusement et régulièrement. Sinon, une benzodiazépine comme le diazépam est prescrite pendant une semaine au maximum, avec de la vitamine B1.

Peut-on faire un sevrage d’alcool à la maison ?

Oui, le sevrage ambulatoire est à privilégier. Il se fait à l’hôpital en cas de delirium ou de convulsions actuels ou passés, ou de forte consommation associée de benzodiazépines ou d’autres substances, et se discute en cas de maladie sévère, d’isolement, de précarité ou de grossesse.

Quels médicaments pour ne pas reboire après un sevrage ?

L’acamprosate et la naltrexone sont les traitements de première intention, le disulfirame (Espéral) en deuxième intention, toujours avec un accompagnement psychosocial. Ils sont arrêtés après 4 à 6 semaines si la consommation persiste.

Peut-on simplement réduire sa consommation d’alcool ?

Oui : la réduction est un objectif possible, choisi avec le patient, et toute réduction durable est bénéfique. Chez une personne dépendante, le nalméfène pris les jours à risque ou, en deuxième intention, le baclofène peuvent aider.

Pourquoi donner de la vitamine B1 pendant un sevrage ?

Parce que 30 à 80 % des personnes dépendantes de l’alcool ont une carence en vitamine B1, qui peut provoquer une encéphalopathie de Gayet-Wernicke. Elle est donc prescrite systématiquement au début du sevrage.

Quels signes doivent faire appeler le 15 pendant un sevrage ?

Une confusion, des hallucinations, une agitation importante, des convulsions, une forte fièvre, ou des vomissements empêchant de boire et de prendre le traitement.

Voir aussi sur ordonnance.net

Sources et recommandations

  1. SFA — Mésusage de l’alcool : dépistage, diagnostic et traitement (recommandation de bonne pratique, version actualisée) (Février 2015, actualisée le 5 juin 2023)
  2. HAS — Agir en premier recours pour diminuer le risque alcool : repérer tous les usages et accompagner chaque personne (guide) (Juillet 2023)
  3. HAS — Outil d’aide au repérage précoce et intervention brève : alcool, cannabis, tabac chez l’adulte (questionnaire FACE) (2014, mise à jour janvier 2021)
  4. ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP d’Aotal, naltrexone, Espéral, Selincro, Baclocur, Valium, Bevitine (Consulté en octobre 2026)