Trouble panique et attaque de panique : guideline et conduite à tenir
Crise d’angoisse aiguë, peur d’en refaire une, agoraphobie : conduite à tenir, TCC, ISRS · Psychiatrie, Médecine générale · Sources : HAS ALD 23, ameli 2024-2026, RCP
L’essentiel
- Attaque de panique : peur ou angoisse intense brutale, maximale en quelques minutes (moins de 10), sensation de catastrophe imminente, avec signes physiques (palpitations, oppression, étouffement, vertiges, sueurs, tremblements, fourmillements) ; durée moyenne 20 à 30 minutes.
- Trouble panique : attaques récurrentes et inattendues et, pendant au moins 1 mois, peur d’en refaire une, inquiétude sur leurs conséquences ou changement de comportement ; agoraphobie associée chez 2 personnes sur 3.
- Toujours penser aux causes physiques (cœur, poumon, neurologique, hypoglycémie, hyperthyroïdie), aux toxiques et aux sevrages ; une attaque isolée liée à un facteur déclenchant reste sans gravité.
- Crise : éloigner de la situation, rassurer, expliquer l’absence de danger vital, respiration lente abdominale bouche fermée ; benzodiazépine en une prise seulement si la crise se prolonge ou est très intense.
- Traitement de fond, le plus tôt possible (éviter agoraphobie et dépression) : TCC (12 à 25 séances) ou antidépresseur, d’efficacité équivalente ; leur association n’est pas recommandée en première intention.
- Médicament : ISRS en première intention (escitalopram, paroxétine, sertraline, citalopram), venlafaxine LP dans certains cas, à dose faible au départ (aggravation possible au début) ; amélioration entre la 3e et la 6e semaine ; clomipramine si un ISRS n’est pas souhaitable.
- Réévaluer à 12 semaines ; si efficace, poursuivre au moins 1 an après la dernière attaque, puis arrêt progressif ; suivi tous les 6 mois pendant 2 ans.
- Pas de benzodiazépine au long cours : dépendance, troubles de la mémoire, somnolence, accidents ; plus d’un quart des patients abusent de médicaments ou d’alcool ; dépression chez 1/3 à 1/2.
Ne pas conclure trop vite à une crise d’angoisse
- Douleur thoracique, essoufflement, palpitations chez une personne à risque : cœur (angine de poitrine, infarctus, trouble du rythme, insuffisance cardiaque) ou asthme : ECG
- Signes neurologiques (accident ischémique transitoire, épilepsie), hypoglycémie, hyperthyroïdie
- Toxiques (alcool, cannabis, cocaïne, amphétamines), médicaments (corticoïdes, hormones thyroïdiennes, théophylline, dérivés nitrés, anticholinergiques), sevrage (alcool, benzodiazépines, opiacés, caféine)
- Dépression associée, idées suicidaires
Attaque de panique et trouble panique : symptômes et critères
| Attaque de panique | Trouble panique | |
|---|---|---|
| Définition | Peur intense brutale, maximale en moins de 10 minutes, sensation de catastrophe imminente | Attaques récurrentes et inattendues + au moins 1 mois de peur d’une nouvelle attaque, d’inquiétudes ou de changement de comportement |
| Signes psychiques | Peur de mourir, de perdre le contrôle, de « devenir fou » ; dépersonnalisation, impression d’irréalité | Anxiété permanente entre les crises (anxiété anticipatoire) |
| Signes physiques | Palpitations, gêne thoracique, souffle coupé, étouffement, vertiges, nausées, sueurs, frissons, tremblements, fourmillements, jambes qui « lâchent » | Mêmes signes pendant les crises |
| Durée | Quelques minutes à une heure, en moyenne 20 à 30 minutes | Maladie chronique, parfois plus de 10 ou 20 ans, avec rémissions et rechutes |
| Fréquence | Isolée et ponctuelle : sans gravité | 1 à 3 % des Français au cours de la vie ; 2 à 3 fois plus de femmes ; début entre 20 et 30 ans |
- Agoraphobie (2 personnes sur 3) : peur des lieux d’où l’on ne peut s’échapper ou être aidé (foule, transports, magasins, ponts, grands espaces), avec évitement et besoin d’être accompagné.
- La spasmophilie correspond le plus souvent à des attaques de panique avec hyperventilation (contractures, fourmillements) : le traitement vise surtout le contrôle de la respiration.
Médicaments du trouble panique : AMM et posologies
| Médicament | Place | Posologie (RCP) |
|---|---|---|
| Escitalopram | ISRS, 1re intention | 5 mg la 1re semaine, puis 10 mg ; 20 mg au maximum |
| Paroxétine | ISRS, 1re intention | 10 mg, paliers de 10 mg jusqu’à 40 mg ; 60 mg au maximum |
| Sertraline | ISRS, AMM dans le trouble panique (RCP actuel) | 25 mg la 1re semaine, puis 50 mg ; paliers de 50 mg (au moins 1 semaine) jusqu’à 200 mg |
| Citalopram | ISRS ayant l’AMM (prévention des attaques) | Selon le RCP |
| Venlafaxine LP | AMM dans le trouble panique (RCP actuel) | 37,5 mg 7 jours, puis 75 mg ; 225 mg au maximum |
| Clomipramine | Si un ISRS n’est pas souhaitable, 2e choix | Selon le RCP, avis spécialisé |
| Benzodiazépine | Une prise pour une attaque qui se prolonge | Jamais en traitement de fond ; 12 semaines au plus |
- Le choix dépend de l’âge, des traitements antérieurs, du risque de surdosage, de la tolérance, du coût et des préférences du patient (HAS).
- L’alcool peut interférer avec les antidépresseurs ; les antidépresseurs augmentent le risque d’accident de la route, surtout au début ou lors d’un changement.
Ordonnances types : trouble panique
Éliminer une cause physique (selon le contexte)
- Électrocardiogramme : Palpitations, douleur ou gêne thoracique, essoufflement.
- Glycémie ; TSH : Recherche d’une hypoglycémie, d’une hyperthyroïdie.
- Recherche de toxiques : Au moindre doute.
Thérapie cognitivo-comportementale
- Thérapie cognitivo-comportementale (psychiatre ou psychologue formé) : 12 à 25 séances d’environ 45 minutes : information, régulation respiratoire, exposition graduelle aux situations redoutées.
Escitalopram (trouble panique)
- Escitalopram 10 mg, comprimé pelliculé sécable : ½ comprimé (5 mg) par jour pendant la 1re semaine, puis 1 comprimé (10 mg) par jour. Augmentation possible jusqu’à 20 mg par jour selon la réponse. Après 65 ans : 5 mg par jour, 10 mg au maximum.
Paroxétine (trouble panique)
- Paroxétine 20 mg, comprimé pelliculé sécable : ½ comprimé (10 mg) par jour le matin au petit déjeuner, puis augmentation progressive par paliers de 10 mg selon la réponse jusqu’à 40 mg par jour (dose recommandée) ; 60 mg par jour au maximum.
Venlafaxine LP (trouble panique)
- Venlafaxine 37,5 mg, gélule à libération prolongée : 1 gélule par jour pendant 7 jours.
- Puis venlafaxine 75 mg, gélule à libération prolongée : 1 gélule par jour ; augmentation possible par paliers d’au moins 2 semaines, après évaluation, jusqu’à 225 mg par jour.
Conseils pour gérer une attaque de panique
- Pendant une crise, isolez-vous dans un endroit calme, si possible avec un proche ; en voiture, garez-vous et restez à l’arrêt.
- Rappelez-vous que les symptômes sont désagréables mais que votre vie n’est pas en danger : « c’est une crise d’angoisse, elle va passer ».
- Respirez lentement et calmement : une respiration trop rapide ou trop profonde aggrave les symptômes.
- Regardez votre montre : la crise semble longue mais ne dure que quelques minutes ; concentrez-vous sur ce que vous voyez et entendez autour de vous.
- Pratiquez une activité physique au moins 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine, et apprenez une technique de relaxation.
- Évitez l’alcool, le tabac et les drogues : ils soulagent sur le moment mais aggravent le trouble.
- Prenez l’antidépresseur prescrit tous les jours, même sans crise, et ne l’arrêtez pas sans avis médical.
- Ne reprenez pas d’anxiolytique pour affronter une situation redoutée : il entraîne vite une dépendance.
Questions fréquentes sur le trouble panique
Quelle est la différence entre une attaque de panique et un trouble panique ?
Une attaque de panique est une crise d’angoisse aiguë, souvent isolée et sans gravité. On parle de trouble panique quand les attaques se répètent de façon inattendue et qu’elles s’accompagnent, pendant au moins un mois, de la peur d’en refaire une, d’inquiétudes sur leurs conséquences ou d’un changement de comportement.
Une attaque de panique peut-elle être dangereuse ?
Non, les symptômes sont très désagréables mais la vie n’est pas en danger. Il faut cependant éliminer une cause physique, en particulier cardiaque, quand les symptômes sont marqués : le médecin peut faire un électrocardiogramme et des analyses.
Combien de temps dure une attaque de panique ?
Elle atteint son maximum en quelques minutes et dure de quelques minutes à une heure, en moyenne 20 à 30 minutes.
Que faire pendant une crise d’angoisse ?
S’isoler dans un endroit calme, se rappeler que la vie n’est pas en danger, respirer lentement par le ventre, bouche fermée, et attendre la fin de la crise en se concentrant sur ce qui entoure.
Quel est le traitement du trouble panique ?
La thérapie cognitivo-comportementale (12 à 25 séances) et les antidépresseurs ont une efficacité équivalente. Les ISRS (escitalopram, paroxétine) sont les médicaments de première intention, commencés à faible dose.
Combien de temps faut-il prendre l’antidépresseur ?
S’il est efficace, au moins un an après la dernière attaque de panique, puis il est arrêté progressivement avec le médecin. L’amélioration apparaît en général entre la 3e et la 6e semaine.
Les anxiolytiques comme l’alprazolam sont-ils un bon traitement ?
Seulement pour calmer une crise qui se prolonge, en une prise. Ils ne traitent pas le trouble panique et entraînent rapidement une dépendance, des troubles de la mémoire et de la somnolence.
Le trouble panique peut-il être pris en charge à 100 % ?
Oui, il peut être reconnu en affection de longue durée (troubles anxieux graves) : parlez-en à votre médecin traitant.
Voir aussi sur ordonnance.net
- Ordonnance type : trouble panique
- Conduite à tenir : trouble anxieux généralisé
- Conduite à tenir : TOC (trouble obsessionnel compulsif)
- Conduite à tenir : dépression
- Conduite à tenir : insomnie
- Conduite à tenir : alcool
Sources et recommandations
- HAS — Guide médecin ALD 23 : troubles anxieux graves (prise en charge du trouble panique avec ou sans agoraphobie) (Juin 2007)
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Trouble panique : définition, symptômes et diagnostic, traitement, suivi médical et vie quotidienne (Août 2024 à novembre 2026)
- ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP de l’escitalopram (Seroplex), de la paroxétine (Deroxat), de la sertraline (Zoloft) et de la venlafaxine LP (Consulté en novembre 2026)
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Chaque conduite à tenir est rédigée à partir des recommandations officielles en accès libre (HAS, sociétés savantes, ANSM), citées avec leur date en bas de fiche. Les posologies sont vérifiées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de la base de données publique des médicaments. Quand deux sources divergent, la fiche le signale. La date de la dernière vérification figure en tête de chaque fiche. Ces fiches ne remplacent pas le jugement clinique.