Calculs biliaires et colique hépatique : guideline et conduite à tenir
Lithiase vésiculaire : pas de traitement si asymptomatique ; colique hépatique : antalgique et chirurgien ; complications · Gastro-entérologie, Chirurgie digestive, Urgences · Sources : ameli 2024
L’essentiel
- Plus de 80 % des calculs de la vésicule sont asymptomatiques : découverte fortuite → aucun traitement, aucune surveillance.
- Colique hépatique : douleur brutale du creux de l’estomac ou sous les côtes à droite, irradiant vers l’épaule droite et le dos, augmentée par la respiration, 30 minutes à quelques heures, sans fièvre, ± nausées, vomissements.
- Diagnostic : palpation douloureuse qui bloque l’inspiration ; échographie abdominale ; bilan hépatique et lipase normaux si le calcul reste dans la vésicule.
- Traitement de la crise : antalgiques et/ou antispasmodiques (phloroglucinol), en respectant les contre-indications.
- Après une colique hépatique : récidive dans l’année chez la moitié des patients → chirurgien digestif pour cholécystectomie (cœlioscopie, souvent en ambulatoire), quelle que soit la taille des calculs.
- Complications : cholécystite aiguë (fièvre + douleur violente), calcul du cholédoque avec ictère, angiocholite, pancréatite aiguë : urgence.
- Bilan hépatique ou lipase anormaux : suspecter un calcul de la voie biliaire principale.
- Après cholécystectomie : digestion normale, aucun régime, reprise des activités vers le 7e jour après cœlioscopie ; arrêter de fumer 6 à 8 semaines avant l’opération.
Urgence : complication des calculs biliaires
- Fièvre avec douleur violente sous les côtes à droite : cholécystite aiguë
- Jaunisse (ictère) : calcul du cholédoque
- Jaunisse avec fièvre : angiocholite possible, infection grave
- Douleur abdominale très intense : pancréatite aiguë possible
- Douleur qui ne cède pas après quelques heures
Calculs biliaires : colique, cholécystite ou calcul du cholédoque
| Tableau | Signes | Conduite |
|---|---|---|
| Lithiase asymptomatique | Aucun symptôme, découverte fortuite | Aucun traitement |
| Colique hépatique | Douleur brutale sous les côtes à droite ou au creux de l’estomac, vers l’épaule droite, 30 minutes à quelques heures, sans fièvre | Antalgique, antispasmodique, échographie, chirurgien |
| Cholécystite aiguë | Douleur violente + fièvre | Urgence ; cholécystectomie |
| Calcul du cholédoque | Jaunisse ; bilan hépatique anormal | Urgence |
| Angiocholite | Jaunisse avec fièvre | Urgence, infection grave |
| Pancréatite aiguë | Calcul bloquant le cholédoque ; douleur très intense | Urgence |
Ordonnances types : colique hépatique
Colique hépatique : antalgique et antispasmodique
- Paracétamol 1 g, comprimé : 1 comprimé si douleur, au moins 4 heures entre deux prises, 3 comprimés par jour au maximum.
- Phloroglucinol 80 mg, comprimé (Spasfon) : 2 comprimés par prise si douleur, au moins 2 heures entre deux prises, 6 comprimés par 24 heures au maximum.
Bilan d’une colique hépatique
- Échographie abdominale (foie, vésicule et voies biliaires) : Confirmer les calculs, l’état de la vésicule et des canaux biliaires.
- Transaminases, phosphatases alcalines, gamma-GT, bilirubine, lipase : Normaux si le calcul est resté dans la vésicule ; anormaux : calcul du cholédoque à rechercher.
Conseils au patient
- Des calculs sans douleur ne nécessitent aucun traitement.
- En cas de crise, prenez les médicaments prescrits contre la douleur et les spasmes.
- Après une colique hépatique, consultez : une nouvelle crise survient dans l’année chez la moitié des personnes.
- Allez aux urgences en cas de fièvre, de jaunisse ou de douleur qui ne passe pas.
- Si une opération est prévue, arrêtez de fumer 6 à 8 semaines avant.
- Après l’ablation de la vésicule, aucun régime particulier n’est nécessaire.
Questions fréquentes sur les calculs biliaires
Comment reconnaître une colique hépatique ?
Par une douleur brutale du creux de l’estomac ou sous les côtes à droite, qui irradie vers l’épaule droite et le dos, gêne la respiration et dure de 30 minutes à quelques heures, sans fièvre, parfois avec des nausées ou des vomissements.
Faut-il opérer des calculs biliaires sans symptôme ?
Non. Plus de 80 % des calculs ne donnent aucun symptôme ; découverts par hasard, ils ne nécessitent ni traitement ni surveillance.
Faut-il enlever la vésicule après une colique hépatique ?
Le médecin oriente vers un chirurgien digestif : sans traitement, une nouvelle crise survient dans l’année chez la moitié des personnes, et des complications sont possibles. L’ablation de la vésicule se fait le plus souvent par cœlioscopie, souvent en ambulatoire.
La taille des calculs compte-t-elle ?
Non : petits ou gros, uniques ou multiples, tous les calculs peuvent provoquer des complications.
Quand une douleur de la vésicule est-elle une urgence ?
En cas de fièvre (cholécystite), de jaunisse (calcul du cholédoque), de jaunisse avec fièvre (angiocholite), ou de douleur très intense (pancréatite) : il faut aller aux urgences.
Quel examen pour confirmer des calculs biliaires ?
Une échographie abdominale, complétée par une prise de sang (bilan du foie, bilirubine, enzymes du pancréas).
Peut-on bien digérer sans vésicule biliaire ?
Oui : la bile continue de s’écouler, de façon plus continue. La digestion n’est pas modifiée et aucun régime particulier n’est nécessaire ; une diarrhée est rare.
Quand reprendre le travail après l’opération ?
Après une cœlioscopie, la reprise des activités habituelles est rapide, vers le 7e jour ; l’arrêt de travail est environ deux fois plus court qu’après une ouverture classique.
Voir aussi sur ordonnance.net
- Ordonnance type : colique hépatique
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- Conduite à tenir : colique néphrétique
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Sources et recommandations
- Assurance maladie (ameli.fr) — Lithiase vésiculaire (calcul biliaire) : symptômes, diagnostic, traitement de la colique hépatique (mai 2024)
- ANSM, base publique des médicaments — RCP SPASFON, comprimé enrobé (phloroglucinol) (2026)
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Chaque conduite à tenir est rédigée à partir des recommandations officielles en accès libre (HAS, sociétés savantes, ANSM), citées avec leur date en bas de fiche. Les posologies sont vérifiées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de la base de données publique des médicaments. Quand deux sources divergent, la fiche le signale. La date de la dernière vérification figure en tête de chaque fiche. Ces fiches ne remplacent pas le jugement clinique.