Mal des transports : guideline et conduite à tenir
Voiture, bateau, avion : prévention, place dans le véhicule, diménhydrinate, patch de scopolamine, enfant · Médecine générale, Pédiatrie, Médecine des voyages · Sources : ameli 2025, RCP
L’essentiel
- Cinétose : conflit entre les yeux, qui voient le mouvement, et l’oreille interne (vestibule) ; fréquent chez l’enfant de 2 à 12 ans, rare chez le nourrisson ; chez l’adulte, surtout la femme (règles, grossesse), la migraine et les troubles de l’équilibre favorisent.
- Signes : inconfort du haut du ventre, nausées (« mal au cœur »), pâleur, sueurs froides, salivation, vomissements, vertiges, maux de tête ; chez le petit enfant : refus des aliments, pleurs, agitation, bâillements. Disparition quelques minutes après l’arrêt.
- Bateau > avion > voiture, car, train ; adaptation après 2 à 3 jours de voyage prolongé.
- Prévention : repas léger (ne pas partir à jeun), regarder l’horizon, tête calée, aérer, pauses ; ni lecture ni écran, ni alcool, tabac ou repas gras ; place où l’on bouge le moins (avant de la voiture, milieu de l’avion au niveau des ailes, milieu du bateau près de l’eau).
- Médicaments préventifs : diménhydrinate (Mercalm, Nausicalm) ½ heure avant le départ ; patch de scopolamine (Scopoderm, sur ordonnance, à partir de 15 ans) derrière l’oreille 6 à 12 heures avant, 72 heures au maximum.
- Ne pas associer plusieurs médicaments ; ils sont contre-indiqués en cas de risque de glaucome par fermeture de l’angle ou de rétention urinaire (prostate) ; somnolence : pas d’alcool, pas de conduite.
- Enfant : Mercalm pas avant 6 ans (caféine) ; ni dompéridone avant 12 ans, ni métoclopramide avant 18 ans ; métopimazine d’efficacité mal établie chez l’enfant.
- Consulter si le mal résiste aux mesures, se répète à chaque trajet, gêne beaucoup, survient par anticipation, ou s’accompagne de fièvre ou de signes inhabituels (vertiges).
Consulter le médecin
- Fièvre ou signes inhabituels pour un mal des transports (vertiges persistants)
- Vomissements répétés chez un jeune enfant ou une personne âgée : risque de déshydratation
- Mal des transports à chaque trajet, malgré les précautions et les médicaments sans ordonnance
- Nausées par anticipation, avant même de monter dans le véhicule
- Grossesse, allaitement, personne âgée, constipation : médicament seulement sur avis médical
Mal des transports : la meilleure place selon le transport
| Transport | Conseil |
|---|---|
| Voiture | Adulte à l’avant, voire conducteur ; enfant au centre à l’arrière, siège réglé pour voir dehors ; pauses fréquentes ; voyager pendant la sieste |
| Train | Dans le sens de la marche, côté fenêtre |
| Avion | Au milieu de l’appareil, au niveau des ailes ; ventilation dirigée vers le visage |
| Car | À l’avant du véhicule |
| Bateau | Cabine au milieu, proche du niveau de l’eau ; rester sur le pont si possible |
- Fermer les yeux un instant, ouvrir la fenêtre, monter sur le pont, descendre marcher quelques pas.
- S’allonger quelques minutes avec un linge frais et humide sur le front.
- En cas de vomissements : boissons sucrées ou salées.
Médicaments du mal des transports : âge et précautions
| Médicament | Âge | Quand | À savoir |
|---|---|---|---|
| Mercalm (diménhydrinate + caféine) | Dès 6 ans | ½ heure avant | Pas d’accès libre en pharmacie ; somnolence |
| Nausicalm 50 mg gélule (diménhydrinate) | Dès 15 ans | ½ heure avant | 8 gélules par jour au maximum |
| Scopoderm (scopolamine) | Dès 15 ans, sur ordonnance | 6 à 12 heures avant | 72 heures par patch ; sécheresse de bouche, somnolence |
| Vogalib (métopimazine) | Dès 6 ans (RCP) | Au moment des symptômes | Nausées et vomissements sans fièvre ; mouvements involontaires possibles |
- Tous : contre-indiqués en cas de risque de glaucome par fermeture de l’angle ou de rétention urinaire liée à la prostate ; sur avis médical chez la personne âgée, en cas de constipation, de grossesse ou d’allaitement.
- Mercalm, Nausicalm et Nautamine ne sont plus en accès libre en raison d’un usage détourné, notamment chez les adolescents.
Ordonnances types : mal des transports
Mercalm (diménhydrinate + caféine)
- Mercalm, comprimé pelliculé sécable : 1 à 2 comprimés ½ heure avant le départ ; renouveler si besoin après plus de 6 heures ; 3 prises et 6 comprimés par jour au maximum.
Nausicalm 50 mg (diménhydrinate)
- Nausicalm adultes 50 mg, gélule : 1 à 2 gélules ½ heure avant le départ, à renouveler si besoin toutes les 6 à 8 heures ; 8 gélules (400 mg) par jour au maximum. À partir de 15 ans.
Mercalm (enfant de 6 à 15 ans)
- Mercalm, comprimé pelliculé sécable : ½ à 1 comprimé ½ heure avant le départ (écrasé dans un peu d’eau sucrée si besoin) ; renouveler après plus de 6 heures si nécessaire ; 3 comprimés par jour au maximum.
Patch de scopolamine (à partir de 15 ans)
- Scopoderm TTS 1 mg/72 heures, dispositif transdermique : 1 dispositif derrière l’oreille la veille au soir ou 6 à 12 heures avant le départ ; retirer à la fin du voyage ; si le voyage dépasse 72 heures, le remplacer par un nouveau derrière l’autre oreille.
Conseils pour éviter le mal des transports
- Mangez légèrement avant de partir, sans partir à jeun.
- Pendant le trajet, regardez l’horizon et gardez la tête calée contre l’appui-tête.
- Aérez le véhicule, faites des pauses pour marcher et évitez d’avoir trop chaud.
- Ne lisez pas et ne jouez pas sur un écran ; évitez alcool, tabac, aliments gras ou épicés et repas copieux.
- Choisissez une place où l’on bouge le moins : avant de la voiture, milieu de l’avion, milieu du bateau.
- Prenez le comprimé ½ heure avant le départ, ou posez le patch la veille au soir.
- Après un médicament, ne conduisez pas et ne buvez pas d’alcool.
- Consultez en cas de fièvre, de vertiges inhabituels ou si le mal revient à chaque trajet.
Questions fréquentes sur le mal des transports
Pourquoi a-t-on le mal des transports ?
Les yeux perçoivent un mouvement alors que l’oreille interne, organe de l’équilibre, enregistre une information contraire. Le cerveau reçoit des messages contradictoires et réagit par des nausées, des sueurs et parfois des vomissements.
Comment éviter d’être malade en voiture ?
Repas léger avant le départ, place à l’avant pour l’adulte, regard sur l’horizon, tête calée, voiture aérée, pauses, pas de lecture ni d’écran. Une conduite souple et un itinéraire avec peu de virages aident aussi.
Mon enfant est malade en voiture, que faire ?
Voyagez pendant sa sieste, réglez son siège pour qu’il voie dehors, arrêtez-vous souvent et distrayez-le. Le Mercalm n’est possible qu’à partir de 6 ans ; la dompéridone et le métoclopramide ne doivent pas être donnés aux enfants.
Quand prendre le médicament ?
Une demi-heure à une heure avant le départ pour les comprimés. Le patch de scopolamine se pose derrière l’oreille 6 à 12 heures avant, souvent la veille au soir.
Le patch contre le mal de mer est-il sur ordonnance ?
Oui, la scopolamine (Scopoderm) nécessite une prescription ; elle n’est pas utilisée avant 15 ans et est fortement déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement.
Peut-on conduire après un médicament contre le mal des transports ?
Non, ces médicaments peuvent provoquer une baisse de vigilance et une somnolence, aggravées par l’alcool.
Qui ne doit pas prendre ces médicaments ?
Les personnes ayant un risque de glaucome par fermeture de l’angle ou des troubles urinaires liés à la prostate. Chez la personne âgée, la femme enceinte ou allaitante et en cas de constipation, uniquement sur avis médical.
Qu’est-ce que le mal de terre ?
Après un voyage en bateau, l’impression de tangage et des sensations vertigineuses peuvent persister quelques heures à quelques jours après le débarquement.
Voir aussi sur ordonnance.net
- Conduite à tenir : vertiges
- Conduite à tenir : migraine
- Conduite à tenir : gastro-entérite de l’enfant
- Conduite à tenir : nausées et vomissements de la grossesse
Sources et recommandations
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Mal des transports : symptômes et causes, que faire et quand consulter, traitement (10 janvier 2025)
- ANSM — Base de données publique des médicaments : RCP de Mercalm, Nausicalm adultes 50 mg, Scopoderm TTS et Vogalib (Consulté en novembre 2026)
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Chaque conduite à tenir est rédigée à partir des recommandations officielles en accès libre (HAS, sociétés savantes, ANSM), citées avec leur date en bas de fiche. Les posologies sont vérifiées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de la base de données publique des médicaments. Quand deux sources divergent, la fiche le signale. La date de la dernière vérification figure en tête de chaque fiche. Ces fiches ne remplacent pas le jugement clinique.