Sécheresse oculaire (yeux secs) : guideline et conduite à tenir
Larmes artificielles sans conservateur, environnement, médicaments en cause, quand voir l’ophtalmologiste · Ophtalmologie, Médecine générale · Sources : ameli 2024-2025
L’essentiel
- Larmes insuffisantes en quantité ou en qualité : près d’un tiers des adultes ; le plus souvent liée au vieillissement (15 % des plus de 60 ans), aggravée par la ménopause.
- Symptômes : picotements, brûlures, sensation de sable, paupières collées le matin, sensibilité à la lumière et au vent, fatigue visuelle ; parfois larmoiement paradoxal au vent ou au froid.
- Facteurs : air sec ou climatisé, écrans, tabac, lentilles de contact, chirurgie réfractive, collyres avec conservateur ou antiglaucomateux, médicaments (antidépresseurs, somnifères, antihistaminiques, isotrétinoïne, contraception hormonale…).
- Causes à ne pas manquer : blépharite (rosacée, dermatite séborrhéique), paralysie faciale, allergie oculaire chronique, Gougerot-Sjögren (bouche sèche), polyarthrite, lupus.
- Traitement : substituts lacrymaux en unidoses sans conservateur (ou flacons à valve sans conservateur), à la demande et sans limitation.
- Environnement : éviter climatisation et ventilateurs, humidifier, pauses devant l’écran, lunettes contre le vent ; arrêt du tabac.
- Ne pas arrêter un médicament en cause sans avis du prescripteur ; hygiène des paupières si blépharite.
- Ophtalmologiste si baisse rapide de la vue, œil rouge, inconfort persistant, porteur de lentilles gêné : formes graves (bouchons lacrymaux, corticoïde ou ciclosporine en collyre).
Consulter un ophtalmologiste
- Baisse rapide de la vue
- Œil rouge, douloureux : kératite, conjonctivite, blépharite
- Porteur de lentilles avec une gêne qui ne cesse pas rapidement
- Inconfort qui persiste malgré les mesures
- Bouche sèche associée, douleurs articulaires : maladie générale (Gougerot-Sjögren)
Sécheresse oculaire : les causes à rechercher
| Cause | Exemples |
|---|---|
| Âge | Atrophie des glandes lacrymales ; ménopause, andropause |
| Environnement | Pollution, air sec ou climatisé, tabac, écrans, microscope, vent, altitude |
| Médicaments | Collyres avec conservateur ou contre le glaucome ; antidépresseurs, antalgiques, somnifères, antihistaminiques, isotrétinoïne, antidiarrhéiques, contraception hormonale, antiarythmiques ; tabac, cannabis |
| Œil et paupières | Lentilles de contact, chirurgie réfractive, blépharite (rosacée, dermatite séborrhéique, psoriasis), paralysie faciale, allergie oculaire chronique |
| Maladies générales | Gougerot-Sjögren, polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, lupus, carence en vitamine A |
Ordonnance type : sécheresse oculaire
Substituts lacrymaux sans conservateur
- Larmes artificielles (chlorure de sodium, carmellose ou méthylcellulose) en unidoses sans conservateur : 1 goutte dans chaque œil à la demande, aussi souvent que nécessaire, sans limitation.
- Gel lacrymal plus visqueux, sans conservateur : Si la gêne persiste malgré les larmes artificielles (vision floue quelques minutes après l’application).
Conseils au patient
- Utilisez des larmes artificielles en unidoses sans conservateur, aussi souvent que nécessaire.
- Évitez la climatisation et les ventilateurs, humidifiez et aérez les pièces.
- Éloignez-vous de la fumée de tabac et arrêtez de fumer.
- Devant un écran : écran à hauteur des yeux, pauses régulières, clignez souvent.
- Portez des lunettes contre le soleil et le vent ; limitez le port des lentilles.
- Ne vous frottez pas les yeux ; lavez-vous les mains avant de les toucher.
- N’arrêtez jamais un médicament sans l’avis de votre médecin.
- Consultez un ophtalmologiste si votre vue baisse, si votre œil devient rouge ou si la gêne persiste.
Questions fréquentes sur la sécheresse oculaire
Quels sont les symptômes des yeux secs ?
Picotements, brûlures, sensation de sable ou de corps étranger, paupières collées le matin, sensibilité à la lumière et au vent, fatigue des yeux, gêne avec les lentilles ; parfois un larmoiement au vent ou au froid.
Pourquoi ai-je les yeux secs ?
Le plus souvent à cause de l’âge, aggravé par l’air sec, la climatisation, les écrans, le tabac ou les lentilles. Certains collyres et médicaments (antidépresseurs, somnifères, antihistaminiques…) et certaines maladies peuvent aussi en être la cause.
Combien de fois par jour mettre des larmes artificielles ?
Autant que nécessaire, sans limitation : d’une à deux fois par jour jusqu’à plusieurs fois par heure. Préférez les unidoses sans conservateur.
Pourquoi préférer les collyres sans conservateur ?
Les conservateurs peuvent eux-mêmes irriter et assécher l’œil. Les unidoses ou les flacons à valve sans conservateur réduisent le risque d’irritation et d’infection.
Les écrans donnent-ils les yeux secs ?
Oui : devant un écran, on cligne moins et les larmes s’évaporent plus vite. Faites des pauses, clignez volontairement et lubrifiez vos yeux pendant le travail sur écran.
Peut-on porter des lentilles avec des yeux secs ?
Les lentilles aggravent la sécheresse : il faut limiter leur port, adapter le modèle et préférer les lunettes. Une gêne persistante avec des lentilles impose un examen de la cornée.
La sécheresse des yeux peut-elle révéler une maladie ?
Rarement : une sécheresse des yeux et de la bouche peut révéler un syndrome de Gougerot-Sjögren ; d’autres maladies auto-immunes peuvent aussi en être la cause.
Quand consulter un ophtalmologiste ?
En cas de baisse rapide de la vue, d’œil rouge, de gêne persistante malgré les mesures, ou si vous portez des lentilles et que la gêne ne cesse pas rapidement.
Voir aussi sur ordonnance.net
- Ordonnance type : sécheresse oculaire
- Conduite à tenir : orgelet, chalazion, blépharite
- Conduite à tenir : conjonctivite
- Conduite à tenir : rosacée
- Conduite à tenir : paralysie faciale
Sources et recommandations
- Assurance maladie (ameli.fr) — Sécheresse oculaire ou yeux secs : causes, que faire, consultation et traitement (2024-2025)
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Chaque conduite à tenir est rédigée à partir des recommandations officielles en accès libre (HAS, sociétés savantes, ANSM), citées avec leur date en bas de fiche. Les posologies sont vérifiées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de la base de données publique des médicaments. Quand deux sources divergent, la fiche le signale. La date de la dernière vérification figure en tête de chaque fiche. Ces fiches ne remplacent pas le jugement clinique.