Paralysie faciale périphérique : guideline et conduite à tenir

Paralysie de Bell : corticoïde dans les 72 heures, antiviral si sévère, protection de l’œil, bilan · ORL, Neurologie, Urgences · Sources : SFORL 2020

L’essentiel

Signes qui remettent en cause une paralysie idiopathique

Prednisolone : dose selon le poids

Paralysie faciale idiopathique : évolution et pronostic

SituationÉvolution (SFORL 2020)
Ensemble des paralysies idiopathiquesÉvolution spontanément favorable : plus de 70 % de récupération complète en 6 mois, plus de 80 % de récupération quasi complète
Paralysie partielle au départRécupération dans 94 % des cas
Paralysie totale au départRécupération dans 61 % des cas
Atteinte axonale sévère (ENMG entre J8 et J30)Récupération lente en 6 à 18 mois, souvent incomplète, avec syncinésies
Ce qui n’est pas recommandé (SFORL 2020)
  • Antiviral seul (grade A) ; injection de corticoïde dans l’oreille seule.
  • Électrothérapie et travail en force (chewing-gum, exercices en biofeedback) : formellement contre-indiqués.
  • Acupuncture (grade C) et oxygénothérapie hyperbare.
  • Électroneuromyographie avant le 8e jour (pronostic mal corrélé).

Ordonnances types : paralysie faciale périphérique

Prednisolone 1 mg/kg par jour

Valaciclovir, associé au corticoïde

Protection de l’œil

Bilan d’une paralysie faciale périphérique

Conseils au patient

Questions fréquentes sur la paralysie faciale

Comment différencier une paralysie faciale périphérique d’un AVC ?

Dans la paralysie périphérique, tout un côté du visage est atteint, y compris le front et la fermeture de l’œil. Dans un AVC, l’atteinte touche surtout le bas du visage et s’accompagne souvent d’autres signes (faiblesse d’un membre, trouble de la parole) : il faut appeler le 15.

Quel est le traitement d’une paralysie faciale idiopathique ?

Un corticoïde (prednisolone 1 mg/kg par jour pendant 7 à 10 jours), commencé le plus tôt possible, idéalement dans les 72 heures, et une protection de l’œil. Un antiviral est ajouté dans les formes sévères vues tôt.

Faut-il un antiviral dans la paralysie de Bell ?

Jamais seul. Associé au corticoïde, il est recommandé surtout dans les formes sévères vues dans les 72 heures. En cas de zona (vésicules de l’oreille), il est systématique : valaciclovir 3 g par jour pendant 7 jours.

Pourquoi protéger l’œil ?

L’œil ferme mal et se dessèche : il risque une kératite ou un ulcère de la cornée. Larmes artificielles, gel et fermeture de la paupière la nuit évitent ces complications.

Quels examens faire ?

Un audiogramme, une prise de sang (numération, glycémie, sérologie de Lyme) et une IRM avec injection du trajet du nerf facial, si possible dans le premier mois.

La maladie de Lyme peut-elle donner une paralysie faciale ?

Oui : selon les régions, elle explique 6 à 20 % des paralysies faciales périphériques. Une sérologie de Lyme est recommandée devant toute paralysie faciale.

Faut-il faire de la kiné ou du chewing-gum ?

La rééducation par un orthophoniste ou un kinésithérapeute formé est recommandée dans les formes sévères. En revanche, l’électrostimulation et les exercices en force comme le chewing-gum sont contre-indiqués.

Quand faut-il s’inquiéter ?

Si la paralysie s’aggrave au-delà de 3 jours, revient, touche les deux côtés, s’accompagne d’une surdité, de vertiges, d’une masse sous l’oreille ou d’autres signes neurologiques : il faut consulter un ORL rapidement.

Voir aussi sur ordonnance.net

Sources et recommandations

  1. Société française d’ORL (SFORL) — Prise en charge de la paralysie faciale idiopathique à la phase aiguë chez l’adulte (recommandation pour la pratique clinique) (2020)

Autres guidelines de médecine générale

Chaque conduite à tenir est rédigée à partir des recommandations officielles en accès libre (HAS, sociétés savantes, ANSM), citées avec leur date en bas de fiche. Les posologies sont vérifiées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de la base de données publique des médicaments. Quand deux sources divergent, la fiche le signale. La date de la dernière vérification figure en tête de chaque fiche. Ces fiches ne remplacent pas le jugement clinique.