Céphalée de tension : guideline et conduite à tenir

Diagnostic, traitement de la crise, prévention par amitriptyline, abus médicamenteux · Neurologie · Sources : NICE 2025, EFNS 2010

L’essentiel

Signes d’alerte : avis ou examens rapides

Diagnostic de la céphalée de tension

Céphalée de tensionMigraine
LocalisationDes deux côtésD’un côté ou des deux
Type de douleurEn étau, en pressionPulsatile
IntensitéLégère à modéréeModérée à sévère
ActivitéNon aggravéeAggravée, ou évitée
Signes associésAucunNausées, gêne à la lumière et au bruit
Durée30 minutes à continue4 à 72 heures (adulte)
FormeFréquence
Épisodique rareMoins d’1 jour par mois
Épisodique fréquente1 à 14 jours par mois, depuis au moins 3 mois
Chronique15 jours par mois ou plus, depuis plus de 3 mois

Traitement de la céphalée de tension

Crise (EFNS)DoseCommentaire
Ibuprofène200 à 800 mgAINS le mieux toléré ; 400 mg : AINS de choix (EFNS)
Paracétamol1 000 mgMieux toléré pour l’estomac, un peu moins efficace que les AINS
Aspirine500 à 1 000 mgPas avant 16 ans
Naproxène, kétoprofène, diclofénacDoses usuellesPas d’AINS supérieur aux autres
Associations avec caféine—2e choix : plus efficaces mais risque accru d’abus médicamenteux
À ne pas prescrire
  • Opioïdes et associations avec codéine : risque d’abus médicamenteux (NICE, EFNS).
  • Triptans et myorelaxants : pas d’efficacité démontrée dans la céphalée de tension.
  • Imagerie seulement pour rassurer.
Prévention (EFNS)Dose par jourPlace
Amitriptyline25 à 75 mg le soir (début 10 mg)1er choix, AMM en France
Mirtazapine30 mg2e choix
Venlafaxine150 mg2e choix
Traitements non médicamenteux
  • Information et réassurance, repérage des facteurs déclenchants (agenda).
  • Biofeedback (efficacité établie), thérapie cognitivo-comportementale et relaxation.
  • Kinésithérapie et acupuncture pour les céphalées fréquentes ; NICE : jusqu’à 10 séances d’acupuncture sur 5 à 8 semaines dans la forme chronique.
  • Traiter une anxiété ou une dépression associée.

Céphalée par abus médicamenteux

Ordonnances types : céphalée de tension

Crise : ibuprofène

Crise : paracétamol

Crise : aspirine (après 16 ans)

Prévention : amitriptyline le soir

Kinésithérapie

Conseils au patient

Questions fréquentes sur la céphalée de tension

Comment reconnaître une céphalée de tension ?

C’est un mal de tête des deux côtés, qui serre comme un étau ou appuie, d’intensité légère à modérée, qui n’est pas aggravé par la marche ou les escaliers et ne donne pas de nausée. Il dure de 30 minutes à plusieurs jours.

Quelle différence entre céphalée de tension et migraine ?

La migraine est souvent d’un seul côté, pulsatile, plus intense, aggravée par l’effort, avec des nausées et une gêne à la lumière et au bruit. La céphalée de tension est des deux côtés, en étau, plus modérée, sans nausée.

Quel médicament prendre pour une céphalée de tension ?

L’ibuprofène (400 mg), le paracétamol à la dose de 1 g ou l’aspirine (500 mg à 1 g, après 16 ans). Les opioïdes, la codéine, les triptans et les myorelaxants ne sont pas recommandés.

Combien de jours par mois peut-on prendre un antalgique ?

Moins de 15 jours par mois pour le paracétamol, l’aspirine ou les anti-inflammatoires, et moins de 10 jours par mois pour les associations, les triptans ou les opioïdes. Au-delà, pendant plus de 3 mois, les médicaments peuvent entretenir les maux de tête (céphalée par abus médicamenteux).

Faut-il faire un scanner ou une IRM pour une céphalée de tension ?

Non, si l’examen est normal et en l’absence de signe d’alerte. L’imagerie n’est pas recommandée pour rassurer ; elle se discute devant une céphalée brutale, avec fièvre, un déficit neurologique, une céphalée qui change ou s’aggrave.

Quel traitement de fond pour une céphalée de tension chronique ?

L’amitriptyline, qui a l’AMM dans cette indication : on commence à faible dose le soir et on augmente progressivement, habituellement jusqu’à 25 à 75 mg. L’effet apparaît en 2 à 4 semaines.

Les traitements sans médicament sont-ils efficaces ?

Oui : le biofeedback a une efficacité établie ; la relaxation, la thérapie cognitivo-comportementale, la kinésithérapie et l’acupuncture peuvent aussi aider, surtout dans les formes fréquentes ou chroniques.

Le stress peut-il provoquer des céphalées de tension ?

Le stress, l’anxiété et la dépression sont souvent associés aux formes fréquentes et chroniques. Les repérer et les traiter fait partie de la prise en charge.

Voir aussi sur ordonnance.net

Sources et recommandations

  1. NICE — Headaches in over 12s: diagnosis and management (CG150) (2012, mise à jour juin 2025)
  2. EFNS (Fédération européenne des sociétés de neurologie) — Guideline on the treatment of tension-type headache (Bendtsen L. et al., Eur J Neurol 2010;17:1318-25) (2010)
  3. European Neurological Review — Overview of the EFNS guidelines on the treatment of tension-type headache (Bendtsen L.) (2011)
  4. ANSM, base publique des médicaments — RCP LAROXYL 40 mg/mL, solution buvable (amitriptyline) : prévention des céphalées de tension de l’adulte (2026)

Autres guidelines de médecine générale

Chaque conduite à tenir est rédigée à partir des recommandations officielles en accès libre (HAS, sociétés savantes, ANSM), citées avec leur date en bas de fiche. Les posologies sont vérifiées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de la base de données publique des médicaments. Quand deux sources divergent, la fiche le signale. La date de la dernière vérification figure en tête de chaque fiche. Ces fiches ne remplacent pas le jugement clinique.